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Niveau confirmé    

Ce jeudi 6 Octobre a vu plusieurs phénomènes intéressants à découvrir. En effet, des brouillards se sont formés en de très nombreux endroits. Plusieurs éléments favorisant sa formation vont vous être expliqués et détaillés.

Mais la situation particulière ne se situe pas véritablement là: alors que toutes les régions du centre et de la côte sont sous un épais brouillard pendant presque toute la journée avec des températures maximales atteignant difficilement les 14°C, les hauteurs profitent d'un temps largement ensoleillé avec des températures dépassant localement les 20°C. Il s'agit d'un phénomène d'inversion thermique: il fait plus chaud en altitude que dans les basses-couches. Pourquoi? On vous explique!

Cartes synoptiques

Commençons avec une carte de surface, afin de bien s'imprégner de la situation atmosphérique et des centres d'action qui nous intéressent. L'attention se dirige directement vers l'énorme anticyclone centré sur la Russie et qui nous influence en nous envoyant des courants de Sud-Est.

Son influence pourtant nous place dans une zone propice aux développements de brumes, brouillards: faible gradient de pression atmosphérique, vent faible à nul, etc... Il ne nous est malheureusement pas possible de déterminer la nature humide ou sèche de l'air avec ce type de carte.


Source: Met-Office

Sondages

Les sondages sont des outils vraiment indispensables pour comprendre exactement ce qu'il se passe. Très utilisés en météorologie, le lacher de ballon-sonde ne se fait plus que très rarement. De nouvelles technologies permettent en effet de réaliser des pseudo-sondages: un produit qui donne les mêmes cartes que les sondages mais dont la réalisation est informatique. Deux choses nous intéressent donc ici: tout d'abord la formation des brouillards et ensuite l'inversion thermique.

Sur le sondage qui suit, on peut remarquer qu'il y a du mouvement au niveau des basses-couches: les courbes de la température sèche et de la température de point de rosée sont collées, il n'est pas possible de les distinguer clairement (Légende 1). Cela signifie donc que leurs valeurs sont identiques et que l'air se condensera pour arriver à saturation.

Il n'est donc pas difficile de prévoir des brouillards étant donné l'absence de vent que l'on devine au vu des cartes synoptiques. Pour précision, la courbe des températures de point de rosée se situe sur la gauche tandis que la courbe représentant les températures sèches se situe sur la droite.

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Source: University of Wyoming

La légende 2 nous montre un phénomène d'inversion thermique: les températures augmentent avec l'altitude et puis repartent à la baisse. Ce crochet représente une inversion, avec de l'air plus chaud en altitude qu'au sol.

Le zoom de cette partie du sondage montre plus précisément ce qu'il se passe dans cette couche de l'atmosphère. On y distingue beaucoup plus clairement les deux courbes de température. On remarque aussi plus facilement l'inversion qui se stoppe vers les 956 hPa, plus ou moins 580m. On peut supposer grossièrement que les brumes et brouillards se sont développés en-dessous de 580m et que les régions situées au-dessus de cette limite ont bénéficié d'une excellente visibilité et d'un ciel dégagé.

Il est maintenant plus aisé de comprendre pourquoi il a fait si chaud (+/- 21°C) sur les hauteurs et si frais en basse et moyenne Belgique( +/- 14°C): les brouillards et brumes sont restés présents dans les basses-couches. Sans apport d'énergie comme le soleil, ou d'apport de chaleur avec l'absence de vent, la température ne pouvait pas remonter. Sur les hauteurs par contre, l'absence d'humidité et un temps largement ensoleillé ont contribué à la hausse progressive des températures.

Source: University of Wyoming

La raison qui explique cela est que l'influence anticyclonique conjuguée avec une inversion thermique joue l'effet d'un couvercle sur nos régions. L'humidité reste dans les basses-couches. Il se passe la même chose avec la pollution ou l'air chaud lors des canicules. Ces phénomènes sont très souvent dûs à une inversion.

La version "texte" du sondage démontre avec les données brutes ce que l'on vient d'expliquer. Tout ce qui a été écrit plus haut est repris ici: l'humidité à son maximum dans les basses-couches (en bleu) ainsi que des températures plus élevées en altitude (en rouge).


Source: University of Wyoming

Cartes traditionnelles

Les modèles numériques aident beaucoup moins à prévoir la formation des brumes et brouillards. Il s'agit d'une des choses les plus capricieuses de la météo: quand se formera le brouillard? Sera-t-il épais? Quand se dissipera-t-il? Personne ne peut donner de réponse exacte à ces questions.

En général, les prévisionnistes du site utilisent plusieurs cartes pour prévoir et tenter d'affiner le plus justement possible l'apparition de ce phénomène.

Tout d'abord, la démarche "standard" est de comparer les températures de l'air à 2m avec les températures de point de rosée à 2m pour une même échéance. Si elles sont identiques, il y aura certainement condensation de l'air.

Le vent est un des facteurs les plus importants. On peut très bien avoir une humidité de 95% mais avec une visibilité qui reste bonne si le vent souffle modérément par exemple. S'il est faible à nul par contre, la condensation se fera beaucoup plus facilement et rapidement.

Ensuite, un coup d'oeil à la pression atmosphérique nous permettra de voir si nous sommes en conditions idéales, par exemple sous influence anticyclonique. 

Enfin et comme vu plus haut, un sondage doit idéalement être lu pour affiner encore plus la prévision. Mais ce type de données manque hélas cruellement en Belgique où seule la station météo BelgoControl de Saint-Hubert effectue encore des lâchers de ballons-sondes.

Cartes d'humidité relative

Les cartes Humidity Relative montrent que le modèle en question (General Forecast System) s'attend à une humidité très présente sur l'ensemble des régions avec une moyenne de 95%, voire même un pic de 99% prévu sur le Tournaisis. Données qu'il faut bien évidement interpréter et ne pas prendre au pied de la lettre.


Source: WetterOnline

Cartes de température sèche et de température de point de rosée à 2m

Un simple coup d'oeil permet de comprendre rapidement la situation: si les valeurs sont les mêmes, l'air arrivera à condensation. C'est bien entendu le cas pour cette journée du 6 octobre dont voici les deux cartes:


Carte de température sèche à 2m. Source: WetterOnline


Carte de température de point de rosée à 2m. Source: WetterOnline

Cartes de vent à 10m

Un élément que l'on oublie trop souvent est le vent. Il est pourtant essentiel à la bonne mise en route de la condensation: il ne doit pas trop souffler! Avec un vent faible, la condensation se fera plus "profondément" que si le vent souffle modérément. Lors de l'épisode du 6 octobre, le vent à 10m était de maximum 5 noeuds, ce qui est parfait.


Source: WetterOnline

Comme vous pouvez le remarquer, la situation de ce 6 octobre est loin d'être banale et facile à expliquer. L'emploi d'un sondage s'avère ici indispensable pour tenter d'éclairer ce phénomène et de le décortiquer. Autant vous dire qu'il nous est plus facile d'expliquer le phénomène après son apparition, que de le prévoir avant! Un article présentant les différents types de brouillards et leur formation sera bientôt en ligne.

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