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L'auteur nous invite à mieux comprendre ces fabuleux phénomènes météorologiques que sont les orages et les éclairs.

Homme de terrain, Alex Hermant a fait de sa passion des orages son métier et est devenu chasseur et photographe d'orages.

Maginifique ouvrage avec des photos somptueuses, à la beauté à couper le souffle, des dessins techniques, et des textes soignés au contenu riche : il s'agit d'un livre que tout passionné d'orages, éclairs et tornades se devrait d'acquérir.

Après avoir fait le résumé des paramètres météorologiques de base, l'auteur nous expliquera l'évolution des nuages pré-orageux et orageux, la structure des orages et les violents phénomènes qui leur sont associés, la foudre et les différents types d'éclairs; enfin il nous invitera au cœur d'un orage afin de permettre nous permettre d'en observer le déplacement, tout en nous prévenant des dangers potentiels.
Très complet, mais cependant à la portée du non-spécialiste par le choix d'un jargon à la portée de tous. A découvrir !


Auteurs
Alex Hermant
Editeur
Nathan
Collection
Les rendez-vous de la Nature
Nombre de pages
253
Format
24 x 29 cm
ISBN
2-09-260546-1
Notre appréciation

Interview exclusive de l'auteur, Alex Hermant, par MeteoBelgique

MB : Alex Hermant bonjour, en France vous êtes une célébrité dans le monde de la météo, et vous êtes de plus en plus connu du grand public. Vous l’êtes un peu moins en Belgique, alors qui êtes-vous ?

AH : Je suis chasseur d’orages, mais plutôt spécialisé dans la prise de vue des phénomènes de foudre et d’orage et de tout ce qui y est associé.

MB : Venons-en au Musée de la Foudre, à Marcenat dans le Cantal, dont vous êtes l’initiateur et le propriétaire. Je viens de le visiter et outre les clichés qui sont vraiment tous très impressionnants, une question m’est rapidement venue à l’esprit. De nombreuses photos datent des années 80 et 90, elles sont le fruit de vos chasses. Comment faisiez-vous à l’époque pour « prévoir » les orages et pour suivre leurs trajectoires, sachant qu’il n’y avait pas les outils internet qui aujourd’hui nous aident à les prévoir et à les suivre en temps réel ?

AH : Il y avait déjà les prévisions Météo France qui sont très fiables. Ensuite il y a l’observation du ciel et surtout des nuages, et puis la connaissance des spécificités géographiques du secteur. Après c’est essentiellement de l’instinct. L’instinct, c’est la somme des données et connaissances que l’on acquiert au fil du temps et qui me permettent de choisir une direction plutôt qu’une autre.

Mais avec l’expérience et le recul, je me rends compte qu’à l’époque je parcourais moins de kilomètres que maintenant avec tous les outils internet, même si le pourcentage d’échec était parfois élevé. Le problème d’internet, c’est qu’on a tendance à vouloir se précipiter sur les cellules existantes et à négliger l’observation du ciel pré-orageux.

J’ai toujours privilégié l’observation des cumulus naissants et de suivre leur évolution sans les quitter. L’avantage de cette technique, c’est qu’elle permet de capter l’orage en tout début de phase, ce qui offre les plus belles prises de vues dans la mesure où le cumulonimbus, avant qu’il n’atteigne une maturité totale, offre des graphismes qui sont beaucoup plus beaux tant pour l’activité foudre que l’activité intra-nuage. A l’inverse, quand on attrape un orage « en cours », on a souvent la déception d’avoir essentiellement des lueurs. De plus, on se trouve fréquemment gêné par des lignes de grains de pluies qui affaiblissent la qualité des photos, même si tout dépend du type d’orage bien sûr.

Il m’est arrivé quelques fois de partir en chasse sur cet instinct, de modifier un peu mon itinéraire grâce aux informations internet et de le regretter par la suite.

En résumé, je dirais que je n’ai pas l’impression que les données fournies par internet aient beaucoup amélioré mon potentiel et mes capacités. Raison pour laquelle je tourne un peu le dos à ce progrès technologique pour retrouver les anciennes techniques de chasse et de prévisions basées sur l’observation, et puis aussi pour retrouver un peu les ambiances d’antan …

Sans oublier les prévisions bien sûr. Quand Météo France place les départements cévennols en alerte orange, on sait que des orages en « V » sont probables. Je me rends alors directement sur place. Je descends par exemple dans la région de Montpellier pour arriver sur place à l’avance, pour ne pas rater les premières cellules et les premiers éclairs. Ensuite, je suis ces orages jusqu’à Marseille, puis Toulon, puis encore vers l’est pour assister à leur mort au bord du littoral. Mais ces orages n’ont finalement qu’un intérêt limité dans la mesure où on les connaît fort bien. On connaît leur propagation, on sait comment les cellules se forment, qu’elles se régénèrent par l’arrière et sur le flanc sud-est. En fait on ne peut pas se tromper, après le danger se situe surtout dans l’environnement. Il convient d’être vigilant en permanence pour ne pas se retrouver bloqué dans une crue subite d’un cours d’eau inconnu …

Et le plus dur reste toujours le retour d’une chasse. On est épuisé, il n’y a plus d’éclairs et c’est un peu comme une petite mort …

MB : Quant au musée ?

AH : Le musée fait suite à une exposition que j’avais réalisée précédemment. Ensuite, le musée fut créé en partenariat avec la mairie de Marcenat. De plus à l’époque, il y avait cette maison au centre du village qui était inoccupée. On l’a rénovée et le musée s’y est installé.

Mais le musée ne représente qu’une infime partie de ma collection. J’ai encore des coffres pleins de chasses … Le musée qui compte déjà une bonne dizaine de salles n’est pas encore totalement terminé, il y a encore des pièces en chantier qui seront bientôt aménagées.

musee.jpg
Le musée de la Foudre, à Marcenat dans le Cantal (France)

MB : Parlons du Massif Central et plus particulièrement des Monts du Cantal, région où nous nous situons, est-elle privilégiée par les orages ?

AH : Si elle est connue des orages, c’est sans doute parce que j’y suis (plaisante) ! Non, plus sérieusement le Massif Central n’est pas une région réputée pour les orages. Les meilleurs coins de France sont dans l’extrême sud-est. Les départements les plus foudroyés de France étant les Alpes-de-Haute-Provence, le Var et la partie montagneuse des Alpes-Maritimes (Mercantour). C’est là qu’on retrouve le plus grand nombre d’orages par an en France. Quant aux orages les plus violents et les plus intenses, on les trouve dans ces régions. Essentiellement dans les gorges du Verdon, dans la région de Sisteron, de Digne-les-Bains et la plateau de Valensole. Dans ces coins, quand la foudre frappe les rochers, cela forme des impacts étoilés très scintillants, choses qu’on ne voit pas sur nos volcans d’Auvergne !

MB : Comment peut-on dès lors expliquer les phénomènes orageux parfois violents qui frappent les régions du nord et même la Belgique depuis quelques années ?

AH : Ils ont toujours existé dans ces régions, même s’ils sont moins récurrents que dans les régions montagneuses du sud-est de la France. J’ai ramassé et étudié tous les articles de la revue de l’académie des sciences depuis la fin du 19ème siècle jusqu’au milieu du 20ème siècle, et il y a dans ces régions des phénomènes très violents, tant en Bretagne, qu’en Normandie ou dans le nord de la France. On y relate des observations apocalyptiques de boules de feu, de tornades, d’éclairs rampants sur les sols, etc … Evidemment, au plus les récits sont anciens, au plus il faut savoir les interpréter avec prudence, mais il n’empêche qu’ils existent.

Je me rappelle notamment avoir assisté à un orage stationnaire en « V » sur le chantier de l’autoroute A71 à Vierzon dans le Loir-et-Cher. Cet orage fut terrible, un impact balaya le sol ensablé du chantier, et grilla le moteur d’un véhicule de chantier qui traversait l’autoroute un peu plus loin (MB : on peut voir le cliché de cet impact au musée).

MB : Une dernière question Alex Hermant. Que doit-on dire : « Alex Hermant, profession : chasseur d’orages » ou « Alex Hermant, passion : chasseur d’orages » ?

AH : Maintenant c’est devenu ma profession, mais c’est aussi ma passion. C’est la rencontre avec le mystère, par delà la science et tout ce que j’ai écrit et les concepts que j’ai essayé de définir dans mon dernier ouvrage « Traqueur d’orages », c’est avant tout une passion liée au goût du mystère, un peu comme un état magique. Une fascination pour la lumière brutale, incisive et violente.

Mais tout cela reste finalement secondaire par rapport au privilège de pouvoir assister à ces colères de la nature, même sans les photographier. Par exemple cette année, 50 % de mes chasses se sont faites sans sortie du « matériel », ce qui n’est pas gênant d’un point de vue professionnel dans la mesure où j’ai encore beaucoup de matière et de réserve à travailler. Et quand on part sans matériel, on est vraiment à 100 % dans l’orage, on prend les événements tels qu’ils viennent, sans la « pression » de devoir prendre les meilleurs clichés, de ranger la caméra, d’avoir une panne de pellicule, de devoir rapidement monter le trépied, etc …

Des fois, il m’arrive simplement de monter à pied au château d’eau de Marcenat, de m’asseoir, d’attendre et d’observer. Et là, je me demande si je vais pouvoir assister à des phénomènes encore plus étonnants que quand j’ai tout le matériel de chasse. Mais j’ai aussi un peu la lassitude de voir des choses que je n’arrive jamais à filmer ou photographier du fait que les plus beaux spectacles sont souvent observés quand on a pas le matériel avec soi. Une sorte de beau « pied de nez » de la nature à l’homme qui tente de l’apprivoiser …

Fin de l’interview.

Un très grand merci à Alex Hermant qui a reçu Laurent Verwacht, le représentant de MeteoBelgique, en toute simplicité et a répondu de manière spontanée et sans retenue aux questions. On sentait bien que les réponses étaient avant tout celles d’un passionné qui raconte ses aventures. Les passionnés d’orages et météo que nous sommes pourraient l’écouter pendant des heures.

L'ouvrage "Traqueur d'orages" n’est plus forcément disponible partout car il a eu un gros succès ! Mais vous pouvez l’acquérir en faisant une demande directement à Alex Hermant via mail. (voir e-mail via le site ci-après)
Site d'Alex Hermant

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