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Depuis quelques mois, des conditions météorologiques tout à fait inédites s’observent en région polaire.
On en a que très peu parlé dans la presse, pourtant il s'agit d'une situation particulièrement préoccupante qui pourrait bien avoir des conséquences sur notre climat mondial à moyen terme.
MeteoBelgique s'est penché sur la question. Explications.

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Banquise polaire : vers une rupture d'équilibre.

Ce n'est plus un secret pour personne désormais : la banquise arctique se rétrécit d'année en année. C'est devenu d'une banalité affligeante tel que le sentiment d'émotion ou d'inquiétude du quidam a fait place à un sentiment de fatalité. Et puis, la banquise ça ne concerne que les ours polaires après tout...

Pourtant la réalité est nettement plus préoccupante.

En 2012, la superficie de la glace en été avait atteint des valeurs record. Désormais en été, il est possible pour des bateaux de passer par l'Arctique pour rejoindre le Pacifique à partir de l'Atlantique. Certains se mettent à rêver de profiter de cette perte de calotte polaire pour exploiter les gisements de pétrole et de gaz de ces régions polaires.

Et puis il y a eu 2015. Le phénomène El Niño, phénomène cyclique caractérisé par des températures des eaux de surface du Pacifique équatorial supérieures aux normales, un des plus importants avec ceux de 1997-98 et 1982-83 ont donné un coup de chaud à la planète... en ce y compris (et surtout ?) jusqu'aux régions polaires.

Souvenez-vous de décembre 2015. L'Europe de l'Ouest, et en particulier la Belgique, connaissait le mois de décembre le plus chaud jamais enregistré (9.6°C de moyenne alors que la normale est de 3.9°C), en explosant purement et simplement le record précédent de 7.5°C "seulement" (voir notre article ici). De l'air très doux, d'origine tropicale, ne se contentait pas de concerner nos régions, il remontait bien au delà du cercle polaire. Les températures y ont ainsi parfois dépassé la barre du 0° en plein hiver, en pleine nuit polaire. La formation de la banquise en a ainsi été fortement perturbée.

Fin janvier 2016 déjà, la banquise ne se développait quasiment plus alors que normalement elle aurait du continuer à s'étendre jusqu'en début mars : dans notre analyse des tendances saisonnières de fin février, nous avions déjà tiré la sonnette d'alarme et évoqué des conséquences possibles pour les mois suivants. Finalement, même si elle a été une des plus faibles, l'étendue minimale de glace en fin d'été en arctique n'a pas battu le record de 2012. Mais peu après, il s'est passé quelque chose d'interpellant, qui a commencé en septembre.

Sur l'image ci-dessous, on voit l'état actuel de cette fin décembre de la banquise arctique et antarctique. On remarque qu'on est largement en déficit des deux côtés de la planète, à plus de deux écarts-type de la moyenne. C'est énorme.

 

C'est particulièrement la situation en Antarctique qui interpelle. Depuis de nombreuses années, l'extension de la banquise antarctique était en excédent, été comme hiver austral, excédent souvent même important. Cet état de fait était un des principaux arguments des climato-sceptiques pour remettre en cause le réchauffement global : "Comment ça le climat se réchauffe et la banquise fond ? Vous avez vu en Antarctique ? Il n'y a jamais eu tant de glace !" (voir les pointillés de la situation de la banquise antarctique d'il y a deux ans seulement, largement excédentaire).

Désormais cet argument ne tient plus. Depuis septembre 2016, on est passé en dessous des normes, rapidement et largement.

Sur la graphe ci-dessous, on vous présente un graphique qui permettra de mieux comprendre la situation actuelle. Les courbes représentent, année après année, l'étendue des deux banquises - arctique et antarctique - cumulées. La zone grisée représente la zone de deux écarts-type. La courbe rouge représente l'année 2016. On voit qu'il s'est passé quelque chose en septembre et les mois qui ont suivi : le graphe s'est écarté de plus de 5 écarts-type de sa position "normale". Comportement inédit et qui doit faire avaler de travers le statisticien occupé à boire son café en lisant l'article. Oui, plus de 5 écarts-type ! Statistiquement c'est quasiment impossible, il y a donc autre chose, et cette autre chose ne peut s'expliquer que par une rupture d'équilibre.

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Tous les indicateurs sont dans le rouge

Sur la carte ci-dessous vous sont présentées les anomalies de température par rapport à la normale le 20 décembre dernier. On remarque des températures largement supérieures au normes sur tout le bassin arctique, immense zone de parfois plus de 20°C au dessus des normales ! C'est tout simplement sidérant. Quel sera la conséquence en été d'une banquise mal (re)constituée, et sans doute moins épaisse que la normale ? Poser la question, c'est sans doute déjà y répondre.

Un autre indicateur qui nous avait mis la puce à l'oreille au printemps dernier c'est la fonte prématurée, dès fin mars de la glace groenlandaise. Phénomène inédit si tôt dans la saison.

Enfin, pour terminer, voici l'évolution des températures arctiques tout au long de cette année 2016 (les températures sont en Kelvin, il faut retirer 273 pour avoir les degrés Celsius). En vert, la température moyenne selon la période. En rouge la température de 2016 : à part en fin de printemps et en été, les températures ont été largement supérieures aux normales, souvent de plus de 10°C.

Si ces anomalies devaient être transposées à notre pays, cela ferait quelque chose comme des températures moyennes de 13°C en janvier (comme en mai) ou 21°C en octobre (comme un mois caniculaire d'été). Rien que ça...

 

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Que nous réserve le futur ?

Les modèles modélisant le réchauffement climatique avaient déjà indiqué que les pôles allaient se réchauffer plus vite que le reste de la planète, c'est donc une demi-surprise. Par contre l'écart par rapport à la normale du déficit d'extension de la banquise est préoccupant.

Les banquises polaires ont un fort pouvoir réfléchissant de la lumière et de la chaleur émise par le soleil. En fondant, ces zones à fort pouvoir réfléchissant (albédo) disparaissent pour laisser place à l'océan, à l'albédo beaucoup plus faible. Moins de chaleur est ainsi restituée et se stocke dans l'océan, accélérant la fonte de la banquise. Un cercle vicieux, qui pourrait conduire à une disparition plus rapide que prévu de la banquise arctique en été, peut-être déjà en fin de la prochaine décennie, et la constitution d'une banquise fine en hiver.
Quelles en seront les conséquences à nos latitudes ?

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