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Vigilance météo
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Bilan de l'offensive hivernale de février 2021

Introduction

A l'heure où le froid quitte la Belgique, le moment est venu pour faire un bilan de cette offensive hivernale.
Commencée le 8 février dernier pour se terminer ce 14 février 2021, elle aura duré 8 jours dont  4 jours durant lesquels la température est restée négative, de jour comme de nuit.
Comment peut-on définir cette vague de froid ? Et surtout comment la comparer avec les autres vagues de froid que la Belgique ait connues depuis 1950 ?
De quand datait la dernière vague de froid à Uccle ?
 

Photo : Samina Verhoeven


Synoptique

La Belgique a été littéralement prise entre deux masses d'air antagonistes : de l'air polaire continental (au nord du front froid schématisé par la ligne bleue et de l'air maritime tropical (au sud du front chaud, la ligne rouge).
La rencontre de ces deux masses d'air antagonistes  généré d'importantes chutes de neige aux Pays Bas et en Allemagne. Celles-ci ont aussi concerné l'ouest de notre territoire les premiers jours de cette vague de froid, car l'air froid a fini par s'imposer dès le 7 février sur notre pays, faisant brusquement chuter la température. 
Ensuite, l'anticyclone scandinave, couplé à une dépression sur le sud de l'Europe a amené des courant continentaux très froids sur nos contrées, faisant place du même coup au soleil, et ce jusqu'au 14 février 2021.

Source : KNMI


Descriptif et paramètres de cette vague de froid

Nos critères pour définir une vague de froid sont : une « période durant laquelle la température minimale journalière est restée inférieure à –2°C au moins 7 jours consécutifs et durant laquelle au moins l'une des conditions ci-dessous est remplie :
- soit le minimum de cette période est descendu au moins deux fois sous la barre des –7°C
- soit les maxima sont restés durant 3 jours de la période sous la barre des 0°C

(station de référence : Uccle, relevés à 8h du matin). »

Même si elle répond aux critères, la vague de froid qui se termine actuellement est, nous allons le montrer ci-dessous, très faible pour son poids et courte, mais toutefois assez intense. Elle ne peut cependant pas être comparée avec une quelconque grande vague de froid historique !

La particularité de cette vague de froid est la présence de la neige au sol durant la période en de nombreux endroits en basse et moyenne Belgique, alors qu'elle fut plus limitée en Ardenne et Hautes Fagnes, voire quasi inexistante en Gaume.

Remarque importante : tout récemment, l'IRM a défini la vague de froid en reprenant la définition donnée par le KNMI (Institut météorologique des Pays-Bas) : 
"Une vague de froid est définie par l'IRM comme étant une période d'au moins 5 jours consécutifs lors desquels les maximas ne dépassent pas les 0°C, et lors desquels les minimas sont inférieurs à -10°C au moins à trois reprises durant la période considérée."
Nous trouvons cette définition beaucoup trop restrictive. Même certaines de nos vagues de froid majeures ne seraient pas considérées comme des vagues de froid selon ces critères.


Après quelques jours de neige et de grisaille, le soleil fut bien présent jusqu'à la fin de cet épisode de froid, comme ici à Lommel, le 12 février 2021.
Photo : Alexis Papapanayotou.
 
MeteoBelgique emploie, en plus la durée de la vague de froid, deux autres critères dont le poids et l'intensité. Toutes les explications et les comparaisons avec les vagues de froid les plus remarquables depuis 1950 sont reprises plus bas dans l'article.

Voici les chiffres enregistrés à Uccle concernant cette vague de froid de février 2021 :

Date
Tn Tx Degré 
jour
Préc. & épaiss.
neige 8h
7/02/2021  -4.2 0.3  2.2  3.3 (2 cm)
8/02/2021  -7.5 -4.1 5.5 2.3 (3 cm)
9/02/2021  -8.0 -2.4 6.0 0.1 (4 cm)
10/02/2021  -8.6 -2.5 6.6  0.0 (4 cm)
11/02/2021 -8.3 0.2 6.3 0.0 (3 cm)
12/02/2021 -7.4 -1.5 5.4 0.0 (3 cm)
13/02/2021 -8.0  1.5 6.0 0.0 (traces)
14/02/2021 -6.0   5.5 4.0 0.0 (traces)

 

 Nbre 
 jours
 Poids  Intensité Tn min
j. de
neige (J. enneigement)
 8
(7/02/21 - 
14/02/21)
 42.0  5.25  -8.6
(10/02/21)
3 (8)
Max : 4 cm

Source :Uccle, IRM

Afin de comparer, voici un relevé des vagues de froid majeures depuis 1950 (poids > 80) : 

Hiver Durée Poids Intensité T° min
1951 20 81.2 4.06 -16.7
1954 20 129.7 6.49 -14.8
1955 34 89.1 2.62 -11.2
1956 30 261.9 8.73 -16.7
1963 73 357.9 4.90 -16.8
1979 30 102.3 3.41 -13.9
1985 (1)
20 149.7 7.46 -16.3
1985 (2) 13 92.9 7.15 -11.9
1986 29 137.3 4.73 -10.5
1987 28 114.1 4.08 -13.5
1991 30 80.4 2.68 -13.1
1997 27 126.9 2.70 -14.1
2009 18 80.0 4.44 -12.8
2012 16 95.6 5.98 -13.0

Nous avons choisi les paramètres suivants pour comparer : 

  • L'année de l'hiver de la vague de froid (par convention l'hiver 2017-2018 sera noté 2018).
  • La durée :  le nombre de jours de gel consécutifs caractérisant la vague de froid.
  • Le poids : en degrés jours avec -2°c de température minimale comme référence : une température minimale de –3.1 aura un poids de –2 – (-3.1) =  1.1
    On fait la somme de ces degrés jours pour toute la période de la vague de froid.
  • L’intensité : ou le poids par rapport à durée : des vagues de froid peuvent être longues et modérées, d’autres courtes mais intenses. 
  • La température minimale enregistrée durant cette vague de froid.



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La plus grosse vague de froid, qu'aura connu la Belgique ces 60 dernières années, restera sans conteste la fameuse vague de froid commencée en fin décembre 1962 et qui perdurera jusqu'en début mars 1963.

Si vous voulez en savoir plus sur le sujet, MeteoBelgique a réalisé un dossier sur les vagues de froid en Belgique depuis 1950 que vous trouverez dans la rubrique "Articles et dossiers". 


Quelques relevés remarquables de cette vague de froid

A Uccle (station de référence), la température est descendue à -8.6°C le 10 février 2021.

On notera aussi les minima suivants du 12 février 2021 : Elsenborn enregistre –13.9°C et Murrange, –15.7°C.


Le détail, jour après jour (Par Robert VILMOS)

Les conflits directs entre des masses d’air polaire continental et tropical maritime, en hiver, peuvent avoir des côtés très impressionnants. On se souviendra de l’hiver 1978-1979. Alors que du 26 au 29 décembre 1978, les températures atteignaient encore 10 à 12°C en plaine, le conflit de masses d’air entraîna un incroyable blizzard les 29 et 30 décembre et le 31 décembre en après-midi, les températures étaient descendues à des valeurs entre –10 et –12°C sur ces même plaines. 

En Ardenne, où le froid est arrivé quelques 24 heures plus tard, Saint-Hubert connut la plus incroyable chute de température jamais enregistrée en Belgique, avec 8°C le 31 décembre aux petites heures et –19°C moins de 24 heures plus tard, en fin de soirée de la même date. Au cours du mois de janvier 1979, la proximité entre l’air doux et humide et l’air glacial allait nous réserver encore quelques épisodes mémorables de pluies verglaçantes.

Plus loin dans le temps, la vague de froid de 1956 était bâtie sur le même schéma, avec un air glacial qui butait littéralement sur de l’air doux avec, là aussi, des chutes de température impressionnantes. Avec cependant la différence que dans un premier temps, cette vague de froid ne s’accompagna que de peu de neige, une mince pellicule de neige et de glace comme c’est le cas, dans certaines régions, le 7 février 2021.

En 1985, la première vague de froid, celle de janvier, était certes arrivée de façon progressive, mais la seconde, celle de février, buta aussi sur de l’air doux qui était remonté entre-temps avec comme conséquence un gigantesque verglas le 8 février. À Bruxelles, ces pluies verglaçantes persistèrent près de 24 heures avant que n’arrive la neige durant l’après-midi du 9.

2021 connaît aussi un tel conflit entre masses d’air, mais comme toujours en météorologie, chaque phénomène a son propre scénario. La rencontre entre courants froids de nord-est et courants doux de sud-ouest se met en place dès le 28 janvier, mais dans une situation bien plus « molle » qu’en 1956, 1978 ou 1985. Les contrastes thermiques sont bien plus faibles car l’air, au nord, est plutôt un air polaire maritime à peine continentalisé. Mais la persistance d’une circulation à composante orientale au nord de l’Europe va continentaliser davantage la masse d’air polaire.

Analysons à présent, jour après jour, ce qui se passe en février.

6 février 2020

Notre pays est pris en tenaille entre plusieurs perturbations, dont les acteurs principaux sont un front chaud au sud et un front froid au nord.

Ces deux fronts vont se rapprocher en soirée, puis remonter ensemble sous forme de fronts chauds avec beaucoup de précipitations. Dans les basses couches cependant, c’est de l’air de plus en plus froid qui nous arrive. On remarque d’ailleurs, en journée déjà, que l’air froid s’étend et s’intensifie sur l’Allemagne. Le gel atteint les Pays-Bas en fin d’après-midi.

En Belgique, les vents s’orientent dès le matin au secteur est à nord-est, mais ces vents, dans un premier temps, nous remballent l’air doux encore présent sur une bonne partie de l’Europe. Les maxima, quoiqu’en baisse, sont encore assez élevés pour la saison, avec 7 à 9°C en plaine et 3 à 5°C sur les hauteurs.

Le temps est d’abord beau sur l’ouest du pays, avec un ciel bien bleu sur le littoral avant l’arrivée, en fin de matinée, d’altostratus, plus tard doublés de fractus et de stratocumulus avec de faibles précipitations. Ailleurs dans le pays, on observe un ciel couvert, avec des altostratus souvent doublés d’une quantité variable de stratocumulus, de stratus (fractus) et de cumulus, le tout évoluant parfois jusqu’au nimbostratus avec quelques précipitations. Vers la fin de la journée et durant la nuit, les précipitations augmentent presque partout et deviennent localement intenses.

À partir de 21 heures au nord-est du pays, et à partir de 22 heures aussi au centre, les températures commencent à flirter avec le zéro degré et les pluies se transforment en neige, granules de glace ou pluies verglaçantes. Vers minuit, une bonne moitié nord du pays est sous l’emprise de conditions hivernales, pendant que le sud reste dans la douceur avec 6°C en Gaume. L’Allemagne, pendant ce temps-là, est coupée en deux aussi, avec un froid qui continue à s’intensifier au nord et au nord-est et une bonne douceur nocturne qui persiste au sud. Près des Alpes, par effet de fœhn, on observe même 15°C en pleine nuit !!

7 février 2021

Les perturbations se désagrègent en journée pendant que le froid continue à s’intensifier, mais ne gagne que lentement du terrain. Il convient de noter la présence d’une très petite dépression sur l’est de notre pays, qui attise certes les vents d’est à nord-est sur le nord et le centre du pays, mais qui attire aussi des vents méridionaux sur la partie sud du pays, qui contrecarrent l’avancée du froid. Cette ligne de convergence, qui passe grosso modo sur la Sambre et la Meuse, y reste assez longtemps en place tandis que la limite de la neige passe une cinquantaine de kilomètres plus au nord, s’étirant grosso modo de Mons à Maastricht en passant par Wavre et Waremme.

Si le gros de la neige est tombé aux Pays-Bas (on parle là d’une véritable tempête de neige avec congères), la Belgique n’en est pas moins blanche sur une bonne portion de son territoire, même si la couche est le plus souvent mince. Les couches les plus épaisses sont observées sur le nord-ouest et le nord du pays, avec 5 à 10 cm (9 cm à la frontière néerlandaise, 5 cm à Anvers). Au centre du pays, on relève par exemple 1 cm à Zaventem.

Les températures sont en chute libre sur plus de la moitié du pays, avec le retour des gelées permanentes et des températures maximales le plus souvent comprises entre 0 et –2°C en plaine, sauf sur l’est où ces valeurs atteignent encore 1°C. Il convient cependant de noter que ces valeurs maximales sont atteintes le matin. En milieu d’après-midi, le thermomètre n’affiche plus que –2 à –4°C en plaine tandis que le gel apparaît aussi sur la façade nord des reliefs. Tout le sud du pays reste encore à l’abri du gel avec des maxima de l’ordre de 4°C en Gaume et des températures restant positives même en milieu de soirée.

Le temps : couvert avec stratus et/ou stratocumulus, accompagnés encore de quelques chutes de neige, et de pluie ou de bruine au sud.

8 février 2021

Commençons par des endroits de Belgique qu’on n’a pas tellement l’habitude de voir sous la neige. Toutes les photos qui suivent proviennent de webcams présentes sur le site de MeteoBelgique et ont été prises aux alentours de 9 heures du matin. 


Photo : Webcam de Waregem
 

Photo : Webcam de Malines
 

Photo : Webcam d'Audenaerde
 

Photo : Webcam de Schaerbeek, vue sur Bruxelles
 

Et voici quelques chiffres officiels concernant les épaisseurs de neige ce matin (Belgique + régions frontalières) :

Maarheze (NL) : 11 cm (à 6 km de la frontière, non loin de Brée)
Zundert (NL) : 9 cm (à 3 km de la frontière, pas très loin de Turnhout)
Eersel (NL) : 7 cm (à 8 km de la frontière, non loin de Lommel)
Esbeek (NL) : 6 cm (sur la frontière, pas très loin de Turnhout)
Kappellebrug (NL) : 6 cm (sur la frontière, non loin de Saint-Nicolas)
Anvers-Deurne : 5 cm
Gosselies : 5 cm
Kleine Brogel : 3 cm
Koersel : 3 cm
Passendaele : 3 cm
Zaventem : 3 cm
Florennes : 3 cm
Bièvre : 3 cm
Beauvechain : 2 cm
Hastière : 2 cm (neige sur plus de la moitié du sol)
Charleville-Mézières (FR) : 2 cm
Middelkerke : 1 cm
Kruishoutem : 1 cm
Lille (FR) : 1 cm
Strée (Huy): 1 cm (neige sur moins de la moitié du sol)

Situation atmosphérique : une ceinture de hautes pressions au nord est responsable d’une circulation d’est qui nous amène de l’air continental désormais très froid. Des perturbations tournant autour d’une petite dépression sur la France et le sud de la Belgique sont responsables de chutes de neige durant le nuit du 7 au 8, et de faibles chutes de neige durant la journée du 8.

Le ciel est couvert partout avec stratus et/ou stratocumulus. Parmi les faibles chutes de neige en journée, on note aussi, ici et là, quelques granules de glace ou pluies verglaçantes. Très localement en Ardenne, on observe des éclaircies le matin avec altocumulus.

Les températures maximales sont particulièrement basses en plaine, avec des valeurs qui ne dépassent pas –3 à –5°C. En Haute Belgique, les températures sont un peu moins froides, surtout en matinée, avec des valeurs de –1 à –4°C. Dans l’extrême-sud du pays, les températures parviennent encore, localement, à très légèrement dépasser 0°C à la mi-journée (maximum de 0,7°C à Lamorteau).

Les plus hautes couches de neige sont observées dans l’extrême nord du pays, avec localement plus de 10 cm à la frontière néerlandaise, sinon on mesure le plus souvent 3 à 5 cm de neige. Quelques endroits n’ont que très peu de neige. À Beausaint, on ne devine que de rares traces de neige et il faut attendre quelques chutes de neige en fin de journée pour qu’une très mince couche se forme. C’est le cas aussi à Durnal, où la neige reste même quasi absente jusqu’en fin de journée. À Virton, le sol est assez bien blanc le matin, mais la neige disparaît presque complètement en après-midi.

En Allemagne, des vents forts tempèrent quelque peu le froid (mais on reste dans le gel) sur de larges bandes côtières le long de la Mer du Nord et de la Mer Baltique. Sinon l’air commence à être extrêmement froid sur une bonne partie de ce pays avec des maxima qui ne dépassent pas –9°C à Berlin et à Leipzig et –7°C à Hanovre avec, dans cette dernière ville, 20 cm de neige au sol. Ce froid influencera fortement notre temps dans les prochains jours.

9 février 2021

De faibles chutes de neige ont encore eu lieu la nuit. À Gosselies par exemple, ces chutes de neige ont perduré toute la nuit, si bien que la couche de neige, qui était de 4 cm la veille à 19 heures, a atteint 6 cm à 7 heures du matin. À Zaventem, de la neige a été observée aussi, mais elle a été peu significative et la couche est restée à 3 cm.

Voici les hauteurs observées à 7 heures :

Deurne : 5 cm
Kleine Brogel : 5 cm
Bierset : 2 cm
Beauvechain : 4 cm
Zaventem : 3 cm
Gosselies : 6 cm 

La neige couvre à présent tous les pays, mais de grandes disparités persistent. À Durnal, la couche est toujours très mince pendant que près de la frontière néerlandaise, la couche dépasse 10 cm par endroit.
Sur une grosse moitié nord du pays, le ciel se dégage dès le début de la matinée (dispersion des stratocumulus et altocumulus) et les températures les plus basses sont souvent atteintes en matinée. Voici quelques valeurs :

Mont-Rigi : –10,5°C (10h)
Elsenborn : –9,9°C (11h)
Kleine Brogel : –9,9°C (8h)
Spa : –9,3°C (10h)
Bierset : –8,9°C (10h)
Ernage : –8,8°C (10h)
Zaventem : –8,7°C (9h)
Beauvechain : –8,6°C (9h)

À Buzenol, où le ciel ne se dégage pas, les tempétatures les plus basses sont atteintes à la mi-journée, avec « seulement » –3°C.

En Allemagne, l’hiver frappe encore beaucoup plus fort en plaine. À Hannovre, on observe jusqu’à –15°C avec 21 cm de neige. À Münster, ces chiffres sont respectivement –14°C et 27 cm. Ces conditions hivernales débordent sur les Pays-Bas, avec parfois plus de 20 cm de neige sur l’est.

En Belgique, comme déjà dit, les stratocumulus et altocumulus se disperse dès le début de la matinée sur une grande partie du pays, pour faire place à un ciel très bleu. Ici et là, on voit quelques cirrus et la formation de rares cumulus. Sur le nord du pays, on voit aussi encore quelques petits bancs de stratocumulus et d’altocumulus.

Sur l’Ardenne et la Gaume, le ciel reste couvert de stratus, tendant à évoluer en stratocumulus l’après-midi. Dans les zones limites, le temps peut être très différent d’un endroit à l’autre. Sur les Cantons de l’Est, le stratus se déchire en milieu de matinée pour faire place à des fractus qui plus tard évoluent en cumulus avant de s’étaler en stratocumulus en fin de journée. Sur l’Entre-Sambre-et-Meuse, le stratus ne se disspe, temporairement, qu’en après-midi avec un ciel restant brumeux. Certaines zones du Hainaut connaissent assez rapidement des éclaircies, mais le ciel redevient ensuite nuageux à très nuageux par des vastes bancs de stratocumulus.

Les températures maximales dépendent en grande partie de l’état du ciel. En plaine et au centre du pays, les valeurs se situent entre –1 et –3°C. Plus au sud, les valeurs sont généralement plus froides avec –3 à –5°C. Les maxima les plus froids se retrouvent sur les Hautes-Fagnes et les Cantons de l’Est avec –7 à –8°C. En Gaume, ce n’est pas le soleil, mais la présence d’une masse d’air un peu plus douce qui tempère un peu le froid, avec des maxima de –2°C sur l’extrême sud.

En soirée, les températures sont en chute libre sur la moitié est du pays. À 22 heures, on observe –12,0°C à Mont-Rigi ; –11,2°C à Elsenborn et –10,9°C à l’aérodrome de Spa. En plaine, on mesure jusqu’à –8,3°C à Kleine Brogel et les températures sont partout inférieures à –5°C à l’est de Gand et d’Anvers.

10 février 2021

L’hiver perd de sa superbe. Les fortes baisses de température du début de la nuit ne se sont pas vraiment poursuivies par après. À Zaventem par exemple, la température qui était déjà descendue à –8,7°C à 23 heures ne perd même pas un degré supplémentaire avec un minimum qui vient s’établir à –9,6°C. En fin de compte, bien peu de stations, en Basse et Moyenne Belgique, arrivent en dessous de –10°C. Ce sera le cas, par exemple, pour Bierset (–10,5°C), Gosselies (–10,4°C) et Kleine Brogel (–10,2°C). Gembloux arrivera à –10,0°C tout juste.

En Haute Belgique, les minima sont un peu plus bas (Mont-Rigi : –13,9°C ; Elsenborn : –13,3°C ; Saint-Hubert : –12,0°C), mais là aussi, le début de nuit était bien plus prometteur.

Les épaisseurs de neige, le matin, sont les suivantes : 5 cm à Gosselies et Deurne, 3 cm à Bièvre, Florennes, Koersel et Passendaele, 2 cm à Beauvechain et Zaventem, 1 cm à... Mont-Rigi, tout comme à Strée (Huy), Bierset et Kruishoutem.

Le peu de neige sur les hauteurs de l’est du pays est surprenant. À Wirtzfeld, on n’observe que des traces de neige. À Bullange, la couche est très fine et ne couvre pas complètement le sol. En journée, cette neige disparaît presque complètement.

La cause de cet essoufflement de l’hiver est à rechercher dans une influence de la Mer Baltique et de la Mer du Nord qui sont plus grandes qu’on ne pourrait parfois le penser. Le froid de l’air continental qui passe au-dessus de ces surfaces d’eau est fortement atténué, comme le montre la carte ci-dessous concernant l’Allemagne.

Aux endroits exposés des côtes allemandes, cela peut provoquer de fortes averses de neige (25 cm au Kap Arkona avec des congères en raison du vent fort), chez nous par contre, il n’en reste que des cumulus et stratocumulus, mais quand même une atténuation du froid, surtout sur l’ouest du pays.

Un coup d’œil sur les sondages atmosphériques est très instructif à cet égard. À aucun moment, nous avons été confrontés à de l’air vraiment arctique, qui aurait fait fi des sources de réchauffement locales. La température vers 1500 mètres d’altitude est descendue au mieux à –14°C. Le froid était le plus souvent pelliculaire, lié à des terres allemandes assez froides mais qui pouvait assez facilement perdre son caractère froid en passant au-dessus de surfaces d’eau.

Les cartes météorologiques l’expliquent : nous avons certes depuis plusieurs jours une ceinture de hautes pressions au nord de nos régions, mais dont le moteur principal n’est pas un anticyclone sibérien avec des extensions vers la Scandinavie, mais un anticyclone dont la position moyenne se trouve sur la mer entre l’Islande et la Norvège.

Le temps : des éclaircies mais aussi pas mal de stratocumulus en bancs souvent étendus notamment sur le nord et le centre du pays, qui évoluent temporairement en cumulus. Sur l’ouest du pays, les éclaircies sont nettement meilleures avec, au littoral, un ciel presque serein l’après-midi (quelques cirrus). Sur le sud-est du pays, le temps est beau avec des cirrus le matin et quelques cumulus (fractus / humilis) l’après-midi, avec une faible propension à évoluer en stratocumulus. Sur les Hautes-Fagnes et les Cantons de l’Est, on observe une petite tendance instable, avec de faibles averses de neige l’après-midi. En soirée, on retrouve de petites chutes de neige aussi ailleurs dans le pays.

Les températures maximales se situent entre 0 et –1°C sur l’ouest du pays et souvent autour des –2°C sur le restant des plaines. Sur les hauteurs, ces maxima se situent entre –6 et –8°C, et autour de –5°C vers 300 mètres d’altitude.

11 février 2021

À chacun son tour ! Les Hautes-Fagnes et les Cantons de l’Est, pauvres en neige, en ont reçu une petite portion durant la nuit du 10 au 11, si bien que le sol est blanc, là aussi. Ceci grâce à une petite bulle d’air froid qui intéressait surtout les couches moyennes de l’atmosphère, avec temporairement –13°C au niveau 850 hPa (1430 m) et –21°C au niveau 700 hPa (2890 m). En journée déjà, cependant, cette couche d’air froid s’est « aplatie » sous la subsidence anticyclonique, pour n’atteindre plus qu’un millier de mètres d’épaisseur à la mi-journée.

Le matin sur l’est et le sud du pays, on observe encore des stratocumulus et/ou stratus qui se déchirent rapidement et se transforment ensuite en cumulus fractus avant de devenir des cumulus, se résorbant lentement à la suite de l’abaissement de la couche d’inversion. À partir du milieu de l’après-midi, le ciel devient généralement serein.

Ci-dessous, des cumulus formés par l’instabilité des basses couches dans le ciel de Bullange, mais complètement aplatis sous le poids de l’inversion thermique juste au-dessus.

 
Photo : Webcam de Bullange, le 11 février 2021 au matin

Ailleurs dans le pays, on observe un ciel serein ou presque tout au long de la journée, avec parfois de rares petits cumulus et, le soir, quelques cirrus.

Les températures minimales, en plaine, se situent souvent entre –7 et –11°C, voire un peu plus bas (Kleine Brogel : –11,6°C ; Koersel : –11,2°C ; Retie : –11,1) mais ne descendent pas vraiment plus bas sur les reliefs (Saint-Hubert : –11,9°C ; Mont-Rigi : –9,5°C ; Elsenborn : –8,8°C).

Petite remarque : Mont-Rigi, dans ses observations climatologiques (10/02/2021 8h -> 11/02/2021 8h), reprend une valeur de –14,0°C. Il ne s’agit toutefois pas du minimum de la nuit du 10 au 11, mais d’une valeur observée la veille entre 8 et 9h, donc après le relevé du minimum de la veille à 8h (–13,9°C).

Les températures maximales, sous le soleil, atteignent 0 à –1°C en plaine ainsi que dans la vallée de la Meuse, et se situent autour des –5°C sur les plus hauts plateaux.

La couche de neige atteint encore 5 à 10 cm sur l’extrême nord du pays, sinon se maintient entre 1 et 5 cm dans la plupart des autres régions (p. ex. : 5 cm à Gosselies, 4 cm à Deurne). La couche est redeveue complète avec quelques 2 à 3 cm sur les Hautes-Fagnes. C’est à Virton qu’il y a le moins de neige avec seulement des traces. C’est le cas aussi, par exemple, au fond de la vallée de la Semois près de Bouillon.

L’anticyclone scandinave développe une crête vers l’Allemagne, ce qui nous coupe lentement de l’arrivée d’air froid, qui s’écoule plutôt de l’autre côté de la crête, vers l’Europe centrale. Avec une subsidence anticyclonique qui s’exerce de plus en plus et qui rabaisse progressivement l’inversion, la fin de l’offensive hivernale semble proche. Cependant, le froid « pelliculaire » peut favoriser le refroidissement des basses couches par rayonnement, avec de possibles surprises aux endroits exposés. À 21 heures à Elsenborn, le thermomètre affiche déjà –10,1°C !

12 février 2021

Le matin est froid. Les températures minimales, en plaine, se situent le plus souvent entre –6 et –8°C, très localement il fait plus froid (Kleine Brogel : –9,6°C). En Haute Belgique, on descend généralement à –11 à –12°C sur les Hauts-Plateaux, et encore un peu plus bas dans certaines vallées ou dépressions. Elsenborn enregistre –13,9°C et Murrange, –15,7°C.

C’est froid, mais pas extrême. On est loin des minima largement inférieurs à –20°C qui caractérisent les grands hivers aux endroits exposés. Le refroidissement par rayonnement ne réussit pas tout à fait, l’importation d’air froid ne réussit pas tout à fait non plus. Un très puissant anticyclone est centré sur le sud de la Norvège, mais sa crête, orientée vers l’Allemagne, l’Autriche et la Tchéquie, nous coupe quelque peu de l’arrivée d’air froid.

La circulation générale est d’est à présent, même si en surface, par effet de frottement, les vents tendent encore à souffler d’est à nord-est. En journée, les températures remontent à –3 à –1°C en plaine et à –6 à –7°C sur les hauteurs ce qui, envers et malgré tout, est un brin plus froid que la veille. Une certaine turbulence de l’air, par ailleurs, fait fort ressentir ce froid. Le temps est par contre très lumineux et le ciel, presque serein avec quelques cirrus et, parfois, quelques très petits cumulus. Sur les Hautes-Fagnes et les Cantons de l’Est, ces cumulus sont un peu plus nombreux et s’étalent en stratocumulus en fin de journée, avec quelques flocons de neige. Parfois, on y observe d’ailleurs en après-midi de véritables « rues » de cumulus / stratocumulus.

La neige atteint encore localement un petit 10 cm près de la frontière néerlandaise, sinon 4 cm à Gosselies, 3 cm à Deurne, 2 cm à Zaventem et à Beauvechain, et 1 cm à Kleine Brogel. Il n’y a plus de neige à Virton et presque plus à Wirtzfeld. À Sourbrodt par contre, la couche bien que mince est encore presque complète.

En soirée, les températures rebaissent avec la possibilité, à l’échelon local tout au moins, d’une nuit fort froide.

13 février 2021 

Un puissant anticyclone reste en place sur le sud de la Norvège et la crête orientée vers l’Allemagne se renforce jusqu’à former un second noyau, qui se déplace du nord vers l’est de l’Allemagne. Pour notre pays, cela signifie que les vents sont désormais orientés à l’est en plaine et au sud-est sur les reliefs. 

La nuit a d’abord été à nouveau froide, mais pas exceptionnelle, avec des minima le plus souvent compris entre –7 et –8°C en plaine, tandis que les –10°C ont été localement atteints en Campine (–10,5°C à Kleine Brogel). Sur les hauteurs, les valeurs ont été proches des –11°C. En journée par contre, on observe un très léger dégel dans la plupart des régions de Basse et Moyenne Belgique avec des maxima de 0 à 1°C, localement un peu plus. En Province d’Anvers et parfois aussi ailleurs, on n’atteint tout juste pas 0°C. Sur les Hauts Plateaux, il fait un peu plus froid avec –3 à –4°C en journée.

Le temps, lui, est à nouveau très beau, avec un ciel bien bleu et quelques cirrus. Sur l’ouest du pays, ces cirrus deviennent plus denses en fin de journée. Sur l’est et le sud du pays par contre, le ciel reste serein tout au long de la journée.

L’air plutôt sec et un vent parfois quelque peu turbulent au cours des deux dernières journées a entraîné par endroit une forte diminution de la couverture neigeuse par sublimation. Le soleil de février, déjà un peu plus fort, n’y est pas tout à fait étranger non plus.

À Wirtzfeld, il n’y a plus de neige du tout, tout comme à Virton et dans pas mal de localités de l’ouest du pays. Mais il y a parfois de grandes disparités d’un endroit à l’autre. Les meilleurs couches s’observent encore sur l’extrême nord du pays avec parfois plus de 5 cm. À Anvers, on mesure encore 3 cm, tout comme à Gosselies. À Zaventem, les 2 cm de la veille sont préservés. À Braine-l’Alleud par contre, il n’y a plus que des traces, de même qu’à Diepenbeek. À Frahan, il n’y a plus du tout de neige dans le fond de la vallée de la Semois, et une très fine couche sur les zones situées un peu plus haut. Enfin la snowcam de Wideûmont ne montre qu’un enneigement très partiel.

En Allemagne, si l’ouest partage avec nous un froid assez modeste avec un début de dégel en journée, le centre est toujours soumis à un bulle d’air très froid avec des températures minimales parfois inférieures à –20°C même à basse altitude et des maxima qui, par endroit, ne dépassent pas –7 à –8°C et ce, à moins de 200 mètres d’altitude. Dans ces mêmes lieux, on retrouve déjà des –18°C à 20h !

Sur la bordure ouest de cette bulle d’air froid, à Fritzlar (181 m) qui est situé à 25 km au sud-sud-ouest de Kassel, la température est descendue jusqu’à –21,6°C avec une vingtaine de centimètres de neige au sol. En journée, le maxima y atteint –3,9°C mais retombe déjà à –14,9°C à 21 heures. C’est déjà la troisième fois que le minimum descend en dessous de –20°C dans cette localité, avec –24,2°C le 10 février (avec alors 25 cm de neige au sol).

Ce genre de bulle d’air froid peut s’avérer très résistante et retarder le redoux, avec des conséquences (temporaires) même sur nos régions. Wait and see...

14 février 2021

En fin de compte, l’arrivée d’air froid est définitivement coupée. Le puissant noyau anticyclonique secondaire qui s’était formé sur l’Allemagne a généré un troisième noyau sur la Suisse, le tout à l’intérieur d’une imposante crête orientée nord-sud et située à l’est de nos régions. Ainsi, une circulation de sud a réussi à se mettre en place avec dans les basses couches, par effet de frottement, des vents de sud-est à sud.

Dès le matin, les températures atteignent puis dépassent 0°C en air libre vers 700 mètres d’altitude. En surface cependant, le froid par rayonnenement est encore localement très présent. Genk mesure –9,9°C, Chièvres, –9,5°C, Deurne, –9,3°C et Diepenbeek, –9,1°C tout comme Stabroek. La station MB de Mélin, au fond d’une petite vallée, descend jusqu’à –11,0°C. Sur les reliefs, le froid est déjà plus modeste et même Elsenborn ne descend pas en dessous de –7,3°C.

Le temps est à nouveau beau, quoiqu’un peu plus voilé, avec de nombreux cirrus, parfois accompagnés de floccus ou de cirrocumulus. En après-midi, on voit apparaître des altocumulus et en soirée, les cirrus évoluent en cirrostratus. Au littoral, les nuages sont plus nombreux avec des cirrus épais en matinée et un voile d’altostratus l’après-midi.

Les températures maximales, en nette hausse, atteignent localement 8 voire 9°C en Campine (8,8°C à Koersel ; 8,1°C à Diepenbeek), sinon se situent le plus souvent entre 4 et 6 °C en plaine. Le littoral, en raison d’eaux côtières bien refroidies, connaît des températures maximales plus basses, de l’ordre de 2 à 3°C. Sur les plus hauts plateaux, le dégel se manifeste aussi, avec là 1 à 2°C.

La grande sécheresse de l’air (humidité de l’air parfois inférieure à 20%, Bierset même 17%) ralentit la fonte de la neige, mais augmente la sublimation. Dans le nord du pays, la couche de neige résiste plutôt bien, avec 3 cm à Anvers tout au long de la journée, malgré une température montant à 6°C. D’autres endroits, et notamment en Haute Belgique, n’ont plus que très peu de neige. À 14 heures, il ne reste que des traces à Wideûmont et à Sourbrodt. À Mont-Rigi, la couche est très incomplète et à Wirtzfeld, comme déjà la veille, il n’y a plus rien.

Ci-dessous : Sourbrodt et Malines vers 14 heures.


Photo : Webcam de Malines


Photo : Webcam MeteoBelgique de Sourbrodt

Pendant que l’hiver se meurt en Belgique, il s’intensifie une dernière fois sur l’Allemagne. À Fritzlar, la température minimale descend jusqu’à –21,4°C pour un maximum qui ne dépasse pas –6,7°C. Un peu plus à l’est, Dachwig (170 m) présente un maximum de –13,4°C après un minimum, le matin, de –16,9°C. Mais le soir à 21 heures, on y relève –22,3°C !

À Göttingen, sur un tapis neigeux de 15 cm, la température minimale descend jusqu’à –23,8°C ! Pour cette station, il s’agit de la température la plus basse relevée en février depuis 1956. Si l’on regarde cependant les données de 1956 et d’avant, on relativise un peu, puisqu’on a mesuré –28,0°C le 16/02/1956 et –25,8°C le 11/02/1929. Le 06/02/1963, la température, avec –23,7°C, est descendue presque aussi bas qu’en 2021. Tous mois confondus, on trouve encore, entre autres, les –27,6°C du 27/01/1942, les –27,1°C du 22/01/1940, les –24,5°C du 30/12/1950 et, dans les années récentes, les –24,1°C du 07/01/2009.

Au vu de la configuration de l’anticyclone, la froidure allemande actuelle ne nous concernera plus.

15 février 2021

Le froid nous a quitté. Des perturbations, associées à une forte activité dépressionnaire sur l’Océan, ont commencé à aborder l’ouest de notre pays en milieu de nuit et se sont propagées jusqu’à l’est le matin. L’anticyclone continental, encore puissant, descend de plus en plus vers le sud et ouvre ainsi la voie aux courants maritimes.

En matinée, des altostratus mêlés d’altocumulus, distillent de petites pluies et mènent à la disparition complète du gel. Déjà à 7 heures, les températures sont positives partout en Basse et Moyenne Belgique avec des valeurs de 2 à 4°C. Sur les reliefs, il gèle encore un peu avec –1 à –2°C, mais le dégel ne tardera pas, là non plus.

Les pluies tombent d’abord dans un air très sec, qui ne s’humidifie que lentement. De ce fait, les points de rosée ont été fort bas dans un premier temps, ce qui a permis à la neige de se maintenir par endroit toute la nuit. À 8 heures, Deurne et Melsbroek mesurent encore 2 cm, Koersel et Kruishoutem, 1 cm. À Uccle, toujours à 8 heures, la couverture neigeuse est encore presque compète. Mais en bien d’autres endroits, où la neige avait déjà été en piteux états, il ne reste plus (ou peu) de traces de l’épisode hivernal.

En Allemagne, la bulle d’air froid présente désormais des faiblesses aussi, et les températures très basses deviennent de plus en plus localisées. À Göttingen, la température était descendue la veille au soir jusqu’à –12,3°C (21 heures) avant de remonter brusquement entre 21h30 et 22h00 pour passer de –12,1°C à –4,1°C. À Dachwig, on mesure un minimum extrême de –23,3°C à 23 heures, puis la température remonte, là aussi, même si c’est plus lentement. En ce 15 février 2021 à 11 heures, il ne reste plus qu’une très petite bulle d’air très froid sur le centre de l’Allemagne.

 On peut donc se dire que l’offensive hivernale est terminée.

 Conclusion

L’offensive hivernale que nous venons de connaître n’a rien eu d’exceptionnel, sur aucun des paramètres, mais elle a eu au moins le mérite d’exister. En ces temps de réchauffement climatique, chaque épisode de froid est de plus en plus ressenti comme un événement.

Au niveau de la température, cette période de froid est assez comparable à celle de février 2018. Sauf que l’épisode de 2018 s’est produit plus tard et qu’il a quelque peu débordé sur mars, ce qui en augmente le « degré d’anormalité ». Au niveau de la neige, il n’y en a pas eu au centre du pays en 2018, sauf à la fin de l’épisode, la nuit du 2 au 3 mars avec 3 cm. Par contre, la neige était bien présente en Haute Belgique (jusqu’à 14 cm à Mont-Rigi), ce qui fait que la répartition de la neige était bien plus normale en 2018 qu’en 2021.

En 2021, on retiendra surtout que le maximum de neige était situé en plaine, généralement à l’extrême nord du pays, tandis que l’épisode hivernal s’est caractérisé par un grand déficit de neige en Haute Belgique (qui par contre a été mieux lotie en janvier malgré un froid beaucoup plus modeste).

Sur le centre de l’Allemagne par contre, on peut déjà parler d’un événement hivernal majeur même si là non plus, sauf parfois à l’échelon local, le terme d’exceptionnel n’est pas approprié. On reste loin, tant dans la durée que dans l’intensité, des grands hivers tels que 1956, 1963, 1979 ou 1985.

Aux Pays-Bas, c’est la neige qui a eu un côté impressionnant. Le 7 février, une bonne partie du pays a été recouverte de neige avec parfois de grosses épaisseurs sur l’est, le tout sous un vent fort d’est qui a généré des congères. Les épaisseurs allaient de 5 à 10 cm sur l’ouest à 10 à 20 cm sur l’est, localement même plus de 30 cm (31 cm du côté de Hengelo). Mais au sein des congères, cette neige avait un demi-mètre d’épaisseur et, isolément, même plus d’un mètre. Il faut remonter au 9 janvier 2010 pour retrouver une telle tempête de neige. Encore une fois, on n’est pas dans l’exceptionnel, mais déjà dans un phénomène significatif.

Il convient cependant de signaler de grosses disparités aux Pays-Bas aussi (sur une vingtaine de kilomètres, on peut passer de 5 à 30 cm de neige !)

8 jours plus tard, le 15 février, on observe encore plus de 10 cm aux endroits qui étaient les plus enneigés. Mais là non plus, cette neige ne résistera plus très longtemps.

Au niveau des températures, il a fait fort froid par moment, mais rien d’exceptionnel non plus. Hupsel a enregistré –16,2°C le 9 février.

Le côté le plus remarquable de cette offensive hivernale, dans notre pays et chez nos voisins, a certainement été le fait que la répartition des événements a été quelque peu particulière. On ne peut donc que répéter : une situation météorologique n’est pas l’autre.

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