Préambule
Dans le cadre de notre nouvelle rubrique « Un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître », nous allons réanalyser en détail des épisodes météorologiques ni très anciens, ni très récents, qui concernent une période qui va de 1950 à 2000. Comme pour les séries précédentes, nous essayons d'expliquer en détail les causes et conséquences de ces épisodes, à raison d'une analyse par mois. Premier volet de la série : mai 1984.
À noter que toutes les valeurs – surtout celles, plus anciennes, utilisées à des fins de comparaison – sont homogénéisées et donc comparables entre elles et comparables aux observations d’aujourd’hui.
Introduction
Mai 1984 a certainement été le mois de mai le plus triste jamais observé en Belgique. À Uccle, le soleil n’a brillé que 67 heures et 4 minutes (normale : 198 heures et 18 minutes), ce qui aurait été normal pour un mois de… novembre ! C’est de loin le plus mauvais score depuis le début des observations héliographiques en 1887. Le mois de mai pourri de 2024, dont plus d’un s’est plaint, a pourtant totalisé, avec 140h02, plus du double des heures de soleil de mai 1984. C’est dire !
Sur toute la série des observations héliographiques à Uccle, seuls trois mois de mai présentaient des totaux inférieurs à 100 heures : 1983 (93h40), 1984 (67h04) et 1996 (97h11).
Les températures de mai 1984 ont été fort tristounettes aussi. Si les températures minimales, en raison du ciel couvert, sont restées proches des normales saisonnières, c’est loin d’être le cas pour les maxima. Avec une moyenne des maxima de 13,8°C seulement, c’est la deuxième valeur la plus basse de la série homogénéisée d’Uccle, qui commence en janvier 1892. Seul mai 1902 a été encore plus froid, avec 12,8°C.
Cela se vérifie aussi à Stavelot, qui dispose également d’une longue série homogénéisée (depuis janvier 1890), sans déplacement de station. Avec une moyenne des maxima de 13,5°C, cette valeur se positionne à la 4e place, après 1902 (12,2°C), 1962 (13,0°C) et 1987 (13,4°C). À Rochefort, la série débute en juillet 1912 et les 13,9°C de mai 1984 sont les plus froids de toute la série. Les températures relevées en 1902 à Ciergnon font cependant penser que le mois de mai 1902 a été encore plus froid dans cette région-là aussi. À Coxyde, la série est plus courte et ne remonte que jusqu’à 1954. Avec 12,1°C, la moyenne des maxima de mai 1984 y est la plus froide de toute la série.
À Uccle, la température n’a pas atteint les 20°C une seule fois, ce qui est unique dans toute la série débutant en 1892. Les 20°C n’ont pas été atteint non plus, par exemple, à Liège-Monsin (19,6°C), Anvers-Deurne (19,0°C), Beauvechain (18,9°C), Chièvres (18,6°C), Eeklo (18,2°C) et Beitem (17,8°C). À Middelkerke, la plus haute température du mois, observée le 31, n’a été que de 15,0°C ! Et en Gaume, on n’a que péniblement atteint 21,0°C à Virton (les 6 et 19 mai). Hastière, en province de Namur, suit de près avec un maximum de 20,9°C (le 18 mai).
À noter aussi les 5 jours consécutifs, du 9 au 13 mai, où la température n’a jamais atteint les 10°C à Beauvechain et à Bierset. Notons enfin que ces 5 jours ont été particulièrement froids à Mont-Rigi, avec des maxima de 6,3°C le 9 ; 4,0°C le 10 ; 6,1°C le 11 ; 3,0°C le 12 et 5,8°C le 13. Les minima, pendant cette période, oscillaient entre –1,6°C et 2,2°C.
Au niveau des précipitations, mai 1984 s’est bien distingué aussi. Les 133,0 mm recueillis à Uccle (série homogénéisée depuis 1892) sont la troisième valeur la plus élevée, après les 145,6 mm de mai 1965 et les 133,1 mm de mai 1971. La 4e et la 5e position reviennent à des années récentes, avec 132,5 mm en 2013 et 127,2 mm en 2024.
À l’aéroport de Liège-Bierset, on a relevé 184,6 mm pendant qu’on a relevé 172,2 mm à Liège-Angleur et 154,9 mm à Liège-Monsin . Si l’on cartographie les précipitations de mai 1984, on peut parler de valeurs exceptionnelles en Hesbaye, en Campine et dans le Condroz, tandis que celles-ci deviennent très exceptionnelles dans le pays de Herve. Au Hainaut et dans les deux Flandre, les valeurs n’ont été « que » anormales. Et c’est vrai qu’on n’a relevé « que » 96,3 mm à Eeklo ; 85,7 mm à Chièvres et 76,8 mm à Beitem. Cela ne veut pas dire pour autant que le temps a été plus beau dans ces régions.
Le nombre de jours de pluie a été très variable d’une région à l’autre, mais souvent très supérieur à la normale. On a enregistré, par exemple, 28 jours de pluie à Eeklo, mais seulement 16 jours de pluie à Chièvres. À Uccle, ce nombre a été de 23. Ce n’est pas un record, cependant mai 1984 intègre malgré tout même le top 10 des mois de mai avec le plus de jours de pluie. Et le record, pour ce paramètre, a été battu juste l’année d’avant, en 1983, avec 29 jours dans le cadre d’un mois de mai presque aussi triste que celui de 1984. En 1983, c’est le dernier jour du mois qui a quelque peu « sauvé les meubles » avec un temps relativement ensoleillé et relativement chaud.
Enfin, la fréquence des brumes et brouillards, ne se dissipant parfois pas en journée, est remarquable et contribue également au caractère très gris de ce mois de mai 1984.
Ci-dessous, un petit tableau reprenant les températures et les précipitations à certaines stations du réseau climatologique belge.
Voyons à présent comment s’est déroulé cet affreux mois de mai au jour le jour.
Analyse détaillée de mai 1984
1er mai 1984 : le premier jour du mois annonce déjà la couleur. Le matin est glacial avec parfois un brouillard à couper au couteau. À Rochefort, il fait –3,0°C, et encore –2,4°C à Saint-Vith et Nadrin, et –1,2°C à Ciney. Ailleurs, il fait moins froid mais plus humide, avec des stratus distillant de petites bruines bien désagréables. En journée, ça va un peu mieux, avec 12 à 15°C en plaine et quelques éclaircies, mais aussi beaucoup de cumulus et de stratocumulus sous un voile de cirrus, parfois aussi de cirrostratus voire d’altostratus.
2 mai 1984 : à nouveau du brouillard le matin, se transformant en stratus, puis en stratocumulus et en cumulus. Quelques éclaircies, mais déjà se forme un voile d’altitude, cirrus et cirrostratus évoluant en altostratus translucidus puis opacus. À l’ouest, il ne faire guère plus de 12°C en après-midi, à l’est on atteint 16°C en Campine et en Gaume, et 13 à 14°C sur les Hauts Plateaux.
3 mai 1984 : encore du brouillard le matin, suivi de stratus et de stratocumulus. Mais la pression est assez basse et l’air, instable. Le tout se transforme rapidement en cumulus et cumulonimbus, avec averses orageuses, qui se fraient un passage parmi les stratocumulus qui peinent à se disperser. Et les quelques éclaircies sont souvent masquées par des altocumulus, et un voile de cirrus, cirrostratus et altostratus.
Le vent, jusqu’à présent, a peu fait parler de lui. Depuis trois jours, il est variable, sans direction bien définie. Les températures montent un peu, localement jusqu’à 19°C en Campine.
4 mai 1984 : on reprend les mêmes et on recommence. Sauf que tout est plus mou. Le brouillard est moins répandu, les averses sont moins fortes. Les températures baissent un peu aussi, plus que 18°C en Campine, et toujours la même fraîcheur partout ailleurs.
5 mai 1984 : nous vivons encore la moins mauvaise partie du mois. Pourtant, comme en automne, le brouillard est coriace, tout comme les stratus qui distillent de petites bruines. Au littoral, ces stratus persistent toute la journée avec des maxima qui ne dépassent pas 10 à 11°C. Ailleurs dans le pays, les stratus se transforment en stratocumulus depuis l’est, puis en cumulus, puis en cumulonimbus sur l’est. C’est là qu’il fait aussi le plus doux, avec jusqu’à 21,0°C à Lanaken. Ailleurs, il continue à faire frais, mais avec des températures encore « potables » pour la saison. À Bruxelles par exemple, il fait 18°C.
6 mai 1984 : la situation atmosphérique change. Sous la poussée d’un puissant anticyclone entre le Groenland et l’Écosse, un front froid descend lentement sur la Mer du Nord et atteint notre littoral en soirée. Pendant ce temps, une perturbation frontale, à large secteur chaud ouvert, reste traîner sur le sud du pays. Notre pays est donc pris en sandwich entre deux perturbations.
Le vent souffle à présent de nord à nord-est, mais il est encore faible, ce qui permet toujours la formation de brumes et de brouillards. La zone de pluie associée au système frontal sur le sud du pays affecte surtout le centre du pays et remonte lentement vers le nord. Il en résulte qu’une grande partie du pays se retrouve sous de petites pluies ou bruines, occasionnées tantôt par les stratus, tantôt par le nimbostratus de la perturbation. Avec 9 à 10°C comme maximum au littoral, et 10 à 12°C à l’intérieur des terres, il fait on ne peut plus désagréable. Le sud du pays, par contre, bénéficie temporairement du secteur chaud. Là, les stratus se déchirent en stratocumulus et cumulus, et les altostratus s’effilochent en cirrus, accompagnés d’altocumulus. La température, à Virton, bondit temporairement jusqu’à 21,0°C. Arlon, Bouillon et Sugny en profitent quelque peu aussi, avec respectivement, 19,4°C, 18,9°C et 18,6°C. Cette bouffée d’air (relativement) doux semblent s’être arrêtée quelque part entre Rochefort (max : 16,6°C) et Ciney (max : 13,7°C).
Ci-dessous, une carte montrant les deux perturbations, le front froid au nord et le système frontal au sud.

6 mai 1984 à 14h L.T. – Source : Deutscher Wetterdienst
7 mai 1984 : la vaste zone anticyclonique s’est scindée en deux, avec un noyau qui reste bien installé sur le Groenland et un autre qui descend lentement pour s’installer sur l’ensemble des îles Britanniques. Notre pays se trouve désormais bien à l’arrière du front froid, dans une masse d’air polaire maritime qui nous arrive directement du nord, mais qui s’incurve légèrement avant d’atteindre notre pays, si bien que les vents, chez nous, soufflent de nord-est. Ce vent est froid et particulièrement désagréable, avec des rafales dépassant les 50 km/h.
Les derniers brouillards encore présents en Haute Belgique se dissipent rapidement pour faire place à un temps assez instable avec nuages convectifs, et encore pas mal de stratocumulus dans un premier temps. Quelques averses de pluie et de grésil se produisent déjà en début de journée au littoral ainsi qu’au nord du pays. Les températures maximales atteignent 10 à 11°C dans la zone côtière, 12 à 13°C en plaine et 7 à 9°C sur les hauteurs. Avec le vent turbulent qui règne, ces températures sont cependant plus froides pour le ressenti.
8 mai 1984 : il fait froid avec des averses dès le matin. En Haute Belgique et en Campine, les températures sont souvent proches de 0°C (–0,5°C à Mont-Rigi ; 0,3°C à Saint-Hubert) et des flocons de neige sont observés sur les Hautes-Fagnes. En journée, on note un mix de stratocumulus et de nuages d’averse en matinée, puis le tout se transforme graduellement en cumulus avec éclaircies, avant que ces cumulus ne s’étalent à nouveau en stratocumulus. Les températures maximales, grâce aux éclaircies, gagnent un petit degré en plaine, avec parfois jusqu’à 14°C, mais restent froides au littoral (10°C) et sur les hauteurs (7 à 9°C).
Le vent souffle à présent de nord et demeure désagréable.
9 mai 1984 : une vaste zone anticyclonique à deux noyaux s’étend sur l’Atlantique de l’île Jan Mayen jusqu’aux Açores et place notre pays dans des courants polaires de plus en plus froids.

9 mai 1984 à 14h L.T. – Source : Deutscher Wetterdienst
Le matin, il regèle par place en Haute Belgique avec –1,6°C à Mont-Rigi, mais aussi à Rochefort. Il gèle également en Gaume (–0,6°C à Virton) et en Campine (–1,2°C à Koersel). Ailleurs, les minima se situent le plus souvent entre 0 et 3°C.
En journée, malgré l’instabilité, les éclaircies sont maigres, sous un mix de stratocumulus et de nuages convectifs donnant quelques averses. Par endroit, les maxima sont fort bas pour la saison. À Uccle, on n’enregistre que 8,5°C et à Beauvechain, 7,8°C. Sinon, on observe de 9 à 11°C en plaine, 5 à 6°C sur les Hautes-Fagnes, 8°C sur l’Ardenne et 13°C en Gaume.
10 mai 1984 : de la brume et des stratus font leur réapparition en Haute Belgique, avec de la bruine. Ensuite le temps redevient instable partout, avec à nouveau un mix de stratocumulus et de nuages convectifs. Les éclaircies sont cependant meilleures, avec graduellement une prédominance de cumulus et de cumulonimbus. Les averses, en contrepartie, sont un peu plus fortes aussi.
Les températures restent froides, avec des maxima de 9 à 11°C en plaine et de 5 à 6°C sur les hauteurs.
11 mai 1984 : le temps devient plus désagréable encore. Le vent, orienté au nord-est, se remet à souffler fort, avec des rafales de plus de 50 km/h. Sur le sud-est du pays, le temps reste couvert et pluvieux, avec fractus et stratocumulus, jusqu’à la fin de l’après-midi. Ensuite la météo devient plus instable en soirée avec des averses. Ailleurs dans le pays, le temps est tout aussi mauvais le matin, mais les éclaircies reviennent plus vite avec cumulus surmontés d’altocumulus, et parfois d’un voile de cirrostratus et d’altostratus.
C’est au littoral que les éclaircies sont les meilleures, mais avec 10 à 11°C au meilleur de la journée et des rafales jusqu’à 76 km/h, le froid ressenti est très vif. Ailleurs dans le pays, les maxima ne sont guère meilleurs avec le plus souvent 10 à 12°C. Sur les hauteurs, il ne fait même que 6 à 7°C.
12 mai 1984 : le vent de nord-est reste insupportable avec des rafales qui dépassent à nouveau 50 km/h. Il fait particulièrement froid, sous un ciel couvert, sur les Hautes-Fagnes avec un maximum de 2,6°C à Botrange et de 3,0°C à Mont-Rigi. À l’aérodrome de Spa, il fait à peine meilleur avec 4,7°C. Des stratus et des fractus couvrent désespérément le ciel, distillant de la pluie et de la bruine, avant qu’ils ne se transforment lentement en stratocumulus avec nuages convectifs enclavé et petites averses. Bien des promeneurs, dans de telles conditions, ont dû se retrouver transis de froid.
Ailleurs dans le pays, on observe quelques éclaircies entre des stratocumulus évoluant en cumulus, parfois en cumulonimbus. Mais l’après-midi, le ciel redevient très nuageux à couvert partout, avec cumulus s’étalant à nouveau en stratocumulus, et aussi voile d’altitude composé de cirrostratus et d’altostratus, accompagné d’altocumulus.
Les températures maximales atteignent très localement 14°C au nord-ouest du pays, sinon le plus souvent 9 à 12°C en Basse et Moyenne Belgique.
13 mai 1984 : le vent s’accroche au secteur nord-est, mais n’apporte toujours pas le beau temps. Les hauteurs de l’est du pays sont plongées toute la journée dans le brouillard et les stratus bas, accompagnés de pluie (nimbostratus au-dessus des stratus). Ces pluies débordent parfois vers le sud, voire le sud-ouest du pays. Ailleurs dans le pays, les stratocumulus se déchirent parfois ou se transforment en cumulus, mais on ne peut pas vraiment parler d’éclaircies. Au-dessus, un épais voile d’altostratus et d’altocumulus maintient une ambiance plutôt grise. Ce n’est que de temps en temps que le voile s’effiloche en cirrus.
Les températures restent bien trop fraîches pour la saison, voire froides sur les hauteurs. Mont-Rigi ne dépasse pas 5,8°C et Libramont ne dépasse pas 6,3°C.
14 mai 1984 : un peu de soleil et des températures plus douces. Les cumulus et les stratocumulus se partagent le ciel, sous un petit voile de cirrus, cirrostratus et altostratus. Pas du vrai beau temps, mais un peu mieux quand même. Au nord et au nord-ouest du pays, il fait même presque doux, avec 18,6°C à Stabroek ; 18,2°C à Eeklo et 18,0°C à Moerbeke. Mais une perturbation (retour d’est) atteint bientôt notre pays, avec de nouvelles pluies. Une partie du pays reste d’ailleurs dans le froid et la pluie : maximum de 9,2°C à Arlon ; 10,5°C à Virton et 10,8°C à Bouillon sous un ciel restant couvert. À Arlon, la température n’a plus dépassé 12°C depuis 8 jours, et à Virton et Bouillon, ce sont les 13°C qui n’ont plus été dépassés.
15 mai 1984 : une situation dépressionnaire très coriace est en train de s’installer sur nos contrées et sur toute l’Europe occidentale. La cause : un creux d’altitude non moins coriace au-dessus de nos têtes, entouré de deux crêtes, l’une à l’ouest et l’autre à l’est. Ce creux tendra par la suite à former des circulations fermées (gouttes froides) qui aggraveront encore un peu plus le mauvais temps sur nos régions.
En ce 15 mai, une occlusion coincée dans ce creux reste traîner sur notre pays avant de remonter vers le nord en soirée. Un nimbostratus occupe donc le ciel alors que le temps demeure brumeux sous la pluie et la bruine. Occasionnellement, la couche nuageuse s’amincit en altostratus translucidus laissant quelque peu apparaître le soleil. Plus tard, des cumulonimbus enclavés génèrent aussi quelques averses. Les températures maximales atteignent le plus souvent 13 à 14°C en plaine et 8 à 10°C sur les hauteurs.

Source : Météociel
16 mai 1984 : le creux en altitude occasionne en surface, en ce 16 mai, un marais barométrique à tendance dépressionnaire. Le vent faiblit et les brumes et brouillards se reforment. Au littoral et sur l’ouest du pays, ils persistent jusqu’au soir et les maxima restent souvent compris entre 12 et 14°C. Ailleurs, les stratus se transforment en cumulus et plus tard en cumulonimbus avec des averses parfois orageuses, mais aussi des éclaircies. Localement, il fait même doux, notamment en Campine avec 20,4°C à Lanaken et 20,0°C à Koersel. Sinon, et notamment au centre du pays, les maxima se cantonnent à 16 ou 17°C, ce qui reste un peu faible pour la saison.
17 mai 1984 : on reprend (à peu près) les mêmes et on recommence. Brouillard et stratus persistant toute la matinée, avec parfois de la bruine, puis temps instable l’après-midi avec cumulus et cumulonimbus avec averses orageuses au sud-est du pays. Au nord, le ciel reste couvert toute la journée avec stratocumulus. Ici et là aussi un voile de cirrostratus et altotstratus. Maxima de 13°C au littoral, 15 à 17°C en plaine et 13 à 14°C sur les hauteurs.
18 mai 1984 : la seule belle journée du mois. Enfin presque… Des cumulus bourgeonnent encore et forment localement des cumulonimbus avec averses. Mais il y a peu de stratocumulus, cette fois-ci, et le soleil brille bien, plus de 12 heures par endroit. Les températures s’en ressentent aussitôt. Lanaken monte à 21,3°C, suivi d’Hastière avec 20,9°C, puis Meeuwen avec 20,7°C, et Malonne avec 20,6°C. Mais la plus grosse partie du pays n’atteint pas les 20°C, et ne les atteint donc à aucun moment de ce mois de mai 1984. Uccle, avec 19,7°C, marque le maximum du mois, le maximum mensuel le plus bas de toute la série depuis 1892.
Et quelques régions ne bénéificient même pas de ce seul jour de (relativement) beau temps. Au littoral, le ciel reste nuageux et le maximum de Middelkerke n’atteint que 12,7°C. Knokke (Zwin) ne fait guère mieux avec 14,4°C. Au sud du pays, le temps est certes plus doux (19 à 20°C), mais sous un ciel qui, là, reste nuageux aussi.
19 mai 1984 : cette petite remontée d’air plus doux, on la paie très cher. Le secteur chaud, qui nous a valu ces températures plus élevées, s’occlut en générant de très fortes précipitations. À Vencimont (un peu au sud de Beauraing), on mesure 53,0 mm de pluie. Cette valeur est suivie par celle de Dourbes (42,1 mm), Saint-Hubert (38,2 mm) et Bierset (30,2 mm). L’ouest et le nord du pays connaissent aussi quelques fortes précipitations, entre autres à Chièvres (22,6 mm) et à Anvers-Deurne (20,0 mm).
Dans un premier temps, il fait encore très doux sur le sud et l’est du pays malgré un ciel nuageux (brouillard et stratus en matinée, puis altostratus se disloquant en altocumulus, suivis de nuages d’instabilité) avec 21,2°C à Arlon ; 21,0°C à Virton et 20,4°C à Saint-Vith, tout comme à Lanaken). Ailleurs, mix de stratocumulus et de nuages convectifs avec températures à nouveau fraîches, pas plus de 10,2°C à Middelkerke ; 14,5°C à Chièvres et 17,0°C à Uccle.
20 mai 1984 : c’est sur l’ouest du pays qu’il fait le plus mauvais. Le temps y reste couvert toute la journée, avec nimbostratus pluvieux suivi de stratus et stratocumulus parmi lesquels se développent quelques nuages convectifs. Le maximum ne dépasse pas 10,0°C à Middelkerke ; 10,4°C à Knokke (Zwin) et 10,6°C à Vlamertinge. Ailleurs dans le pays, la journée commence sous un ciel tout aussi gris, mais rapidement à partir de l’est, les stratus se transforment en cumulus et en cumulonimbus avec averses et orages. Grâce à une insolation un peu meilleure, les températures montent plus haut, pour atteindre quelques 15°C au centre du pays et, très localement, jusqu’à 20°C en Campine et dans le sud du pays (20,2°C à Lanaken et 21,0°C à Arlon).
21 mai 1984 : cette fois-ci, la chanson est finie pour tout le monde. Le temps est plus gris que les pires journées de novembre. Seul le matin, on distingue encore parfois le soleil, voilé de cirrus, cirrostratus et altostratus. Puis le ciel devient couvert toute la journée, avec brouillard et stratus très bas, évoluant en fractus sous de fortes précipitations. Le vent souffle à présent d’ouest à nord-ouest et il fait particulièrement froid, avec des maxima de 10 à 12°C en plaine et 7 à 9°C sur les hauteurs. Même en plaine et dans les vallées, les températures n’atteignent pas toujours les 10°C (Vlamertinge : 9,8°C ; Godarville : 9,4°C ; Malonne : 9,9°C ; Hastière : 9,8°C ; Ciney : 9,0°C ; Rochefort : 9,6°C). En plus, il pleut des cordes et les pluviomètres se remplisent bien (39,8 mm à Bierset ; 31,5 mm à Kleine Brogel ; 25,3 mm à Beauvechain ; 19,0 mm à Uccle ; 18,5 mm à Eeklo ; 18,0 mm à Anvers-Deurne).
Le tout est lié à une dépression se déplaçant à contresens, remontant de l’Europe centrale aux Pays-Bas. Le système frontal, à l’envers aussi, se déplace juste au nord de nos régions, nous laissant dans son champ nuageux et pluvieux, et du côté froid.
22 mai 1984 : la perturbation à l’envers traverse, avec son secteur chaud orienté vers le nord, le Royaume-Uni d’est en ouest. Le noyau de la dépression entre, lui, dans le Canal de la Manche le matin, au départ de la Mer du Nord, pour en ressortir le lendemain et redescendre vers la Bretagne.

22 mai 1984 à 14h L.T. – Source : Deutscher Wetterdienst
Il est intéressant de noter que les températures, à l’intérieur de secteur chaud orienté vers le nord, sont assez élevées. Au nord du Danemark, les thermomètres affichent 24,8°C à Aalborg et 23,5°C à Karup. En traversant la Mer du Nord, l’air se refroidit fortement dans les basses couches, avec seulement 10 à 12°C sur la côte orientale de l’Écosse. Mais les vents de nord-est, en passant au-dessus des reliefs écossais, se réchauffent à nouveau par effet de pseudo-foehn et on observe jusqu’à 19,0°C à Glasgow et même encore 18,7°C sur l’île de Man.
Chez nous, au sud mais du côté froid, le temps reste désespérément humide et frais. Il pleut dru en matinée sous un nimbostratus, qui se disloque par la suite en altostratus translucidus et altocumulus avant de donner quelques éclaircies. Mais pas mal de stratocumulus restent présents, parmi lesquels se développent des cumulus et des cumulonimbus qui finissent par générer des averses orageuses. Malgré le vent de sud à sud-ouest, qui tend à s’orienter au sud-est le soir, les températures ne dépassent pas 14 à 15°C en plaine et 12°C en Ardenne. Seule la Gaume bénéficie de températures un brin plus élevées avec 16°C. Noton enfin qu’il a fait venteux aussi le matin, avec une rafale de 87 km/h au port d’Ostende.
23 mai 1984 : c’est à nouveau le monde à l’envers. Un nouveau système frontal, avec secteur chaud orienté vers le nord, nous arrive du Danemark et s’apprête à traverser la Mer du Nord d’est en ouest.

23 mai 1984 à 14h L.T. – Source : Deutscher Wetterdienst
Les températures, une fois encore, sont chaudes au nord, avec en Norvège 24,8°C à Kristiansand ; 25,5°C à Hakadal (juste au nord d’Oslo) et même 26,5°C à Nesbyen-Skoglund. En Écosse, c’est de nouveau la côte ouest, avec effet de pseudo-foehn, qui bénéficie le mieux de la douceur avec 23,4°C à Glasgow et 21,5°C à Eskdalemuir.
Chez nous, il continue à faire tristounet avec de la brume et du brouillard sur le nord du pays, évoluant lentement en stratocumulus puis en cumulus. Sur l’est du pays, il fait instable dès le matin, avec des averses et une tendance orageuse le soir. Bierset recueille 9,7 mm et Beauvechain, encore 5,2 mm. Sur le sud-est, le temps redevient très nuageux à couvert avec pluie et bruine le soir.
Les températures scorent un peu mieux, mais restent en deçà des normes saisonnières, avec 13°C au littoral, 15 à 17°C en plaine et 12 à 13°C sur les hauteurs.
24 mai 1984 : le temps reste brumeux et gris, avec de la pluie sur tout le pays le matin, puis un lent déplacement du mauvais temps vers le sud-est du pays, où les pluies s’attardent jusqu’en fin de journée. Un nimbostratus donc, se désagrégeant parfois en altocumulus, pour quelques accalmies et quelques maigres éclaircies. Un peu d’instabilité aussi, avec des nuages convectifs se mêlant aux autres nuages, et donnant même un orage au littoral le matin. Les températures : 12°C au littoral, 14 à 17°C en plaine et 10°C sur les hauteurs.
25 mai 1984 : il peut faire plus mauvais que mauvais. En ce 25 mai, il pleuvine toute la journée avec du nuages tellement bas que par moment, on peut parler de brouillard. Les Plateaux de l’Ardenne et des Hautes-Fagnes se retrouvent d’ailleurs dans le brouillard toute la journée. Ailleurs, les stratus se transforment parfois (mais pas partout) en stratocumulus non moins gris. Et quand les stratocumulus parviennent à se déchirer, on voit l’altostratus qui se trouve au-dessus. Juste le matin et encore, localement, on a pu voir le soleil au travers d’un cirrostratus en train de s’épaissir. Les températures, en baisse, ne dépassent plus 10 à 12°C en plaine et 8 à 10°C sur les hauteurs. Seule la Gaume profite d’un temps (très relativement) plus doux avec 14°C.
26 mai 1984 : ouf ! On respire un peu, enfin juste un peu ! Le temps est un tout petit peu moins moche. Les éclaircies parviennent même à donner 10 minutes de soleil à Uccle.
Le matin ressemble à celui de la veille, avec pluie, brume et brouillard. Mais après, les stratus et stratocumulus se disloquent et se transforment en cumulus et cumulonimbus, avec averses et orages. Et entre ces averses, on pourrait croire à des éclaircies… Non, pas vraiment. Un voile de cirrostratus et d’altostratus (parfois opacus) masque en grande partie le soleil. Oui, il fait un peu plus clair que la veille, mais le grand ciel bleu, il est encore loin !
Les températures maximales : 12°C au littoral, 15 à 18°C en plaine, 12 à 13°C sur les hauteurs.
27 mai 1984 : il fait encore un peu moins moche. Les pluies s’évacuent vers le nord et les nuages se déchirent pour se reformer ensuite en nuages d’instabilité. Cumulus et cumulonimbus se partagent le ciel avec des averses, mais aussi quelques coins de ciel bleu. Mais pas longtemps. Dès l’après-midi, les cumulus s’étalent à nouveau en stratocumulus et l’ambiance redevient très grise. Sur l’est du pays, d’ailleurs, le soleil n’a pas vraiment réussi à percer. Il y fait bien frais aussi, avec 12°C sur les hauteurs. Ailleurs, on atteint parfois 16 à 18°C, mais pas partout. Au Hainaut par exemple, le thermomètre ne veut pas dépasser les 14°C et ce, malgré le petit vent de sud qui souffle sur tout le pays.
28 mai 1984 : on a déjà vu le pire ? Non. Pas encore. Le pire reste à venir, au cours des trois jours qui vont suivre.
En ce 28 mai, le ciel est à nouveau désespérément couvert de stratocumulus, doublé de cumulus et de stratus fractus. Dans les quelques interstices, on voit l’altostratus qui se trouve au-dessus, d’abord encore translucidus, avec parfois un vague soleil, puis opacus. Le tout, bientôt, se transforme en nimbostratus avec des pluies désagréables qui se propagent depuis le nord-est. Il fait froid. 6,2°C à Botrange et à Mont-Rigi, pas plus de 11,7°C à Uccle. Dans l’ensemble, il fait entre 11 et 13°C en plaine et entre 6 et 9°C sur les hauteurs.
Le soir, il pleut toujours, et de plus en plus fort. Il pleut des hallebardes toute la nuit, et rien que sur 12 heures (de 20h à 8h), on recueille 36 mm à Bierset, 35 mm à Spa, 29 mm à Beauvechain, 28 mm à Florennes et 27 mm à Uccle. En tout, sur 24 heures, les totaux pluviométriques sont de 40,0 mm à Bierset ; 34,1 mm à Uccle et 31,7 mm à Beauvechain. Seul l’ouest du pays reste épargné (par la pluie, pas par la grisaille), avec 0,7 mm à Coxyde et 2,6 mm à Beitem et à Eeklo.
29 mai 1984 : la pluie cesse peu à peu, mais il règne une humidité qui glace les os. D’ailleurs si la pluie pure et dure cesse, la petite bruine, elle, continue tout au long de la journée. Et le ciel est bas, si bas que la moindre colline, ou le moindre building ou chocher d’église disparaît dans les nuages. C’est un stratus, qui persiste toute la journée. Tout au plus quelques vagues ondulations, l’après-midi, le font renommer en stratocumulus, avec des fractus plus bas encore.
À Uccle, le maximum ne dépasse pas 10,7°C, et 10,8°C à Bruxelles-National, et 10,3°C à Beauvechain. Au littoral, on n’atteint même pas les 10°C (9,9°C à Knokke ; 9,8°C à Middelkerke et 9,4°C à Coxyde). Il n’y a qu’au nord et au nord-est du pays, ou alors tout au sud, qu’on atteint péniblement 12 à 13°C (Koersel score le mieux avec 12,8°C).

La ligne de convergence, responsable des fortes pluies de la nuit, est à présent au sud du pays.
29 mai 1984 à 14h. L.T. – Source : Deutscher Wetterdienst
30 mai 1984 : toujours aussi froid, toujours aussi peu de soleil ! Ou plutôt, pas de soleil du tout. Le ciel est couvert partout, avec un nimbostratus distillant pluies et bruines, et des fractus très bas. Parfois c’est un stratus qui se forme, tellement bas qu’on ferait mieux de parler de brouillard. Les quelques fois que les nuages bas se déchirent un peu, ce n’est que pour montrer un altostratus opacus qui se trouve au-dessus.
Au littoral en fin de journée, le tout parvient à se transformer en statocumulus, avec une base un peu moins basse et parfois des cumulus qui se forment en dessous.
Les températures, en bien des endroits, restent coincées à 10°C (maximum de 10,0°C à Uccle ; 10,2°C à Chièvres ; 9,6°C à Beauvechain ; 9,5°C à Virton et 9,4°C à Charleroi-Gosselies. C’est en Campine qu’il fait le moins froid, avec 13,6°C à Kleine Brogel. À Botrange par contre, on ne dépasse pas 7,4°C (7,9°C à Mont-Rigi).
31 mai 1984 : brume, brouillard et bruine, encore et toujours. Dans la plupart des régions de la Belgique, on n’a plus vu le soleil un seul instant entre l’après-midi du 27 mai et le matin du 31 mai. Heureusement que le temps se lève un peu par la suite. Juste un peu, bon pour 15 minutes de soleil sur l’héliographe d’Uccle !
Les stratus, en effet, évoluent lentement en stratocumulus, et plus tard en cumulus à partir de l’est du pays. Mais un voile d’altostratus translucidus, parfois mêlé d’altocumulus et rarement effiloché en cirrus, empêche le soleil de vraiment briller. En outre, sur l’ouest et le sud-ouest du pays, les stratus et stratocumulus persistent et le soleil ne brille pas du tout. Là, c’est déjà le quatrième jour consécutif complètement gris.
Mais les températures remontent un peu. 15 à 16°C sur ces régions peu privilégiées, 19 à 20°C sur le nord-est du pays avec quelques rayons de soleil. Le plus triste mois de mai de l’histoire belge est en train de se terminer. Mais juin ne fera pas mieux. Pas au début tout au moins (cela ira mieux à partir du 9). On se souviendra des 20 kilomètres de Bruxelles, courus sous la pluie et dans la fraîcheur, avec pas plus de 13°C pendant la course, en date du 3 juin 1984.

Les 20 kilomètres de Bruxelles du 3 juin 1984 – source : Pascal Mormal
Conclusion
Le mauvais temps de mai 1984 est lié à une situation de blocage persistante, qui fait plutôt penser au climat d’aujourd’hui. Oui, des blocages coriaces existaient déjà jadis, et ce qui est d’autant plus surprenant pour l’époque, c’est que le mois de mai 1984 fait suite à un mois de mai 1983 presque aussi mauvais. En mai 1983, c’est le dernier jour, assez ensoleillé et assez chaud, qui a quelque peu « sauvé les meubles ». Sinon on aurait été fort proches des valeurs de 1984 sur bien des paramètres. Un record de 1983, cependant, a résisté : le nombre de jours de précipitations à Uccle, de 29, n’a pas été battu en 1984.
On ajoutera à cela que 1984 a connu d’autres périodes de temps extrêmement mauvais. Pluies et inondations ont déjà marqué le début de l’année. À Chiny, entre le 10 janvier et le 8 février (30 jours), on relève 464,6 mm de précipitations (!), dont 176,0 mm entre le 3 et le 8 février ! Et septembre redevient à nouveau très mauvais, en s’offrant une deuxième place tant en termes de pluviosité que de manque d’insolation. Seul septembre 2001 sera encore un peu plus mauvais.
Des situations extrêmes ont, bien sûr, existé de tout temps et lorsque le hasard aidait un peu, elles pouvaient même se répéter sur de courtes périodes. Ce qui est nouveau par contre, c’est que les extrêmes – notamment en matière de pluviosité – deviennent de plus en plus systématiques de nos jours. Soit on se trouve du « bon » côté du blocage, au sein d’une crête, avec soleil et sécheresse persistante, soit on se trouve du « mauvais » côté du blocage, au sein d’un creux, avec grisaille et pluies persistantes. Mais comme les blocages se multiplient, on a de plus en plus souvent une alternance de périodes très sèches et très pluvieuses.
Et au niveau des températures ?
Dans les situations de crêtes anticycloniques, surtout en été mais de plus en plus à d’autres saisons aussi, les températures s’emballent, avec des canicules inédites tant au niveau de la durée que de l’intensité. Le terme « dômes de chaleur » est d’ailleurs de plus en plus utilisé.
Dans les creux dépressionnaires, par contre, on ne battra plus très souvent des records de froid. Un mois de mai aussi froid que celui de 1984 a peu de chances de se reproduire. Mais ce froid moindre a pour effet d’augmenter encore les précipitations, qui plus qu’avant tomberont sous forme d’averses donnant que très grosses quantités de pluie en peu de temps. Une situation atmosphérique similaire à celle de mai 1984 donnera un temps peut-être un peu moins gris et un peu moins froid, mais avec des pluies intenses et imprévisibles, un peu comme lors des inondations catastrophiques de juillet 2021.
De nos jours, il nous faudra apprendre à nous protéger tant contre l’excès d’eau que contre la pénurie d’eau. Prochainement, une analyse fouillée de l’évolution des précipitations en Belgique sera publiée sur notre site.
Sources
- Bulletin de l’Institut Royal Météorologique de Belgique – Observations climatologiques – 1984
- Institut Royal Météorologique de Belgique – Climat – Événements remarquables depuis 1901
- Institut Royal Météorologique de Belgique – Résumé climatologique mensuel – Mai 1984
- IRM (RMI) – Open Data – Homogenized monthly climate series – temperature and precipitation
- Deutscher Wetterdienst – Eurpopäischer Wetterbericht – Bodenwetterkarte 12 MG Z
- Kachelmann Wetter – Messwerte & Klimadaten – 1984
- Met Office – Daily Weather Summary – DWS_1984_05
- Météociel – Réanalyses NOAA/NCEP 2




