Préambule
La première partie de cet été 2026 aura été chaude.
La seconde période de chaleur s'achève après une douzaine de jours très chauds, après la période de chaleur de 12 jours également que nous avons connu fin juin.
Si celle de juin était une vague de chaleur, la seconde ne l'a pas été (station de référence : Uccle) et ce pour 0,1°C seulement. Dès ce 18 juillet les températures sont baisser nettement.
Mais cela n'aura pas empêché de battre un record historique : celui de la période de 30 jours la plus chaude que notre pays n'ait jamais connu.
Photo générée par ChatGPT
La "presque" vague de chaleur de juillet 2026 à Uccle
A la station de référence belge d'Uccle, nous ne sommes vraiment pas tombés loin d'une nouvelle vague de chaleur, après celle, particulièrement intense de fin juin 2026.
En fait il nous aura manqué ... 0,1°C seulement le 11 juillet pour rentrer dans les critères d'une vague de chaleur.
| Date | T° maxi |
| 06/07/2026 | 29,0°C |
| 07/07/2026 | 28,1°C |
| 08/07/2026 | 26,2°C |
| 09/07/2026 | 27,2°C |
| 10/07/2026 | 28,7°C |
| 11/07/2026 | 29,9°C |
| 12/07/2026 | 30,5°C |
| 13/07/2026 | 28,6°C |
| 14/07/2026 | 30,7°C |
| 15/07/2026 | 28,9°C |
| 16/07/2026 | 29,1°C |
| 17/07/2026 | 25,2°C |
Mais la période chaude est digne d'une vague de chaleur moyenne : avec une durée de 12 jours, un poids de 38,8 et une intensité de 3,23, elle n'aurait pas fait tache dans notre tableau des vagues de chaleur recensées depuis 1901.
La période de 30 jours la plus chaude de l'histoire météorologique belge
Avec une moyenne de 23,4°C calculée entre le 17 juin et le 16 juillet 2026, nous vivons la période de 30 jours (l’équivalent d’un mois) la plus chaude depuis le début des observations régulières à Uccle en 1892. Et parmi les valeurs de l’Ancien Observatoire de Bruxelles au 19e siècle (depuis 1833), aucune n’est susceptible de s’être rapprochée des 23,4°C observés cette année-ci.
Une période de 30 jours a l’avantage de ne pas être liée à un mois calendrier. C’est ainsi que l'ancienne période la plus chaude de l’histoire, en l’occurrence celle de 1976 (23,2°C), a été noyée dans les statistiques parce que située à cheval sur deux mois (moy. juin = 19,3°C ; moy. juillet = 20,0°C). Au contraire, la période quasiment aussi chaude de 2006 (23,1°C) est tombée tout juste sur un mois calendrier (moy. juillet = 23,0°C avec juste le 31 du mois un peu moins chaud, ce qui a fait baisser la moyenne… d’un dixième de degré).
Cette année-ci, deux longues périodes de chaleur, entrecoupées par une petite période certes plus fraîche, mais toujours au-dessus des normes saisonnières, ont permis d’arriver à une période de 30 jours aussi chaude.

Pour la moyenne des températures minimales journalières, nous avons le record aussi. Pour la moyenne des températures maximales journalières, c'est la période très sèche de 1976 qui garde son record. En effet, les périodes sèches ont des écarts plus importants entre le jour et la nuit. La canicule très humide de cette année-ci a quelque peu écrasé les maxima, mais ce qu'on a perdu le jour; on l'a regagné (si on peut le dire ainsi) la nuit, avec quelques nuits vraiment étouffantes.
Pour les détails, voir ici sur nos forums.
Conclusion
La Belgique a échappé au pire. Les deux dômes de chaleur se sont souvent situés un petit peu trop à l’ouest ou trop au sud pour que notre pays en subisse pleinement les conséquences. Il n’en est pas moins que les températures que nous avons connues au cours de cette première moitié de l’été sont historiques, même si c’est un peu moins hors normes que ce qu’ont vécu nos voisins français.
Surtout la première des deux périodes chaudes a été pénible au niveau du ressenti en raison de l’humidité, cette même humidité qui a par ailleurs empêché le refroidissement nocturne. (voir notre article ici).
D’après les données provisoires du SPF Santé Publique, la surmortalité au cours de la première période de chaleur (données du 18 au 1er juillet), 1 747 décès supplémentaires ont été enregistrés par rapport au nombre attendu, soit une surmortalité de 47,8 %. La Wallonie a été la région la plus durement touchée, avec une surmortalité de 76 %. Cette vague de chaleur n'a pas uniquement affecté les personnes âgées : une surmortalité de 61,3 % a également été observée chez les personnes âgées de 15 à 64 ans. Ces résultats proviennent de Be-MOMO, le système de surveillance de la mortalité toutes causes confondues de Sciensano.
C’est du jamais vu, même pas en 1976, même pas en 2003.
Les vagues de chaleurs commencent à devenir de véritables catastrophes. Celles-ci jouent certes sur un terme plus long, mais peuvent être bien pires que les inondations, les tempêtes et la plupart des autres phénomènes violents.
Tenons-en compte pour les années à venir !




