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Niveau : initié

Préambule

Ce printemps 2017 aura été marqué par la sécheresse, comme en 1976. Il n'en faut pas plus à certains pour y voir un parallèle avec le printemps 1976, de sa sécheresse printanière suivi de sa canicule estivale mémorable. Nous vous proposons de revenir en arrière et de redécouvrir cet été 1976.
Quant aux prévisions pour l'été qui nous attend, nous vous proposons de consulter notre page des tendances saisonnières sur notre site (abonnement Premium).

Introduction

Même si l’été 2003, dans une grande partie du pays, a été plus chaud que l’été 1976, ce dernier conservera un côté légendaire qu’il ne perdra pas de sitôt.

Pourtant la moyenne globale de cet été-là ne sort pas vraiment du lot. Avec 19,2°C, elle n’arrive qu’en deuxième position après 2003 (19,7°C), et elle est talonnée par 1947 (19,0°C). Quant au mois le plus chaud de 1976, en l’occurrence juillet (moyenne de 20,0°C), il se place derrière bien d’autres mois chauds, comme juillet 2006 (23,0°C), juillet 1994 (21,8°C), juillet 1983 (21,2°C), août 1997 (21,2°C) … et même juillet 2010 (20,5°C).

Comme cela se fait-il qu’un été aussi légendaire ne se classe-t-il pas mieux dans les statistiques ?

En fait, un côté méconnu de l’été 1976 a été le retour du froid à plusieurs reprises. Les 2 et 3 juin, les maxima ne dépassaient pas 11 à 13°C en Basse et Moyenne Belgique, et 5 à 9°C en Haute Belgique. La nuit du 4 au 5 juin, il gelait encore par endroits, avec –0,1°C à Dourbes et même –1,6°C à Rochefort.

Le 21 juillet a été particulièrement froid au centre du pays et, localement, dans le sud-est aussi. À Uccle, le maximum de 14,6°C est l’un des plus bas jamais observés durant une troisième décade de juillet.

La période du 31 juillet au 2 août a également été plutôt froide pour la saison.

Le fait qu’en dépit de cela, l’été 1976 parvienne à se hisser en deuxième position de la série (1833 – 2010) et en première position pour le 20e siècle peut nous laisser deviner l’intensité des vagues de chaleur qui ont émaillé cet été-là.

La plus extraordinaire est sans conteste celle du 22 juin au 8 juillet, où l’on a enregistré 15 à 16 jours consécutifs où la température a atteint ou dépassé les 30°C et ce, presque partout en Basse et Moyenne Belgique, en Campine, en Gaume et dans la plupart des vallées ardennaises. Une aussi longue série de jours caniculaires est unique dans l’histoire météorologique belge. Ni 2003, ni 2006 n’ont réussi à se rapprocher d’un tel record. En 2003, on a pu observer localement une série de 12 jours de chaleur consécutifs en Campine et en Gaume. Ce fut le cas, notamment, à Kleine Brogel, Lanaken, Virton, Dohan et Aubange. En 2006, on a observé jusqu’à 19 jours de chaleur en juillet à Kleine Brogel, mais ils n’appartenaient pas à une série de jours consécutifs. La plus longue série, cette année-là, a été de 6 jours.

Si l’on regarde plus loin dans le passé, on ne retrouve rien qui puisse s’approcher de 1976. L’été très chaud de 1852 a connu localement une série de 9 jours consécutifs où la température atteignait ou dépassait 30°C. En 1783, en extrapolant les rares données existantes, on peut raisonnablement estimer que les 30°C ont été atteints ou dépassés durant 12 jours consécutifs.

Seul l’été 1540, d’après les témoignages de l’époque et les situations atmosphériques reconstituées, aurait pu présenter une telle vague de chaleur. 1540 sert aussi de référence comparative pour 2003 et il n’est pas exclu que 1540 « batte à plate couture » les deux étés en même temps. Mais comme le thermomètre n’était pas encore inventé de ce temps-là, nous ne pourrons jamais avoir une quelconque certitude à ce propos.

Cela revient donc à dire que cet épisode caniculaire a eu une période de retour supérieure à 400 ans ! Et même maintenant, avec le réchauffement climatique, la période de retour d’un tel phénomène demeure très élevée, sûrement supérieure à 100 ans. Le qualificatif de « très exceptionnel » reste donc d’actualité si l’on parle de cet aspect-là de la canicule de l’été 1976. Pour la moyenne globale, l’honneur d’une période de retour de 400, voire 500 ans revient à l’été 2003, principalement dans le sud de la Belgique.

Voyons maintenant, jour après jour, ce qui s’est passé durant ces 16 jours si particuliers, en commençant un peu avant la période en question et en s’arrêtant un peu après.

 


 

Analyse de la situation au jour le jour

Le 19 juin, rien ne laissait encore présager l’arrivée d’un tel phénomène. Que du contraire ! Après une première longue période de chaleur, qui a débuté le 7 juin, le temps s’est fortement détérioré sous l’influence d’une perturbation frontale atlantique et d’aucuns se disaient déjà qu’à l’approche des congés scolaires et des vacances en général, il allait comme toujours faire mauvais.

 

 

 

En effet, le 19 juin, le ciel se couvre de stratocumulus, parfois doublés de cumulus, tandis qu’au-dessus, un altostratus translucidus distille déjà quelques gouttes de pluie. Le soir, le tout se transforme en nimbostratus avec de la pluie plus continue. Le vent souffle d’ouest à sud-ouest et la température ne dépasse pas 18°C au centre du pays. La nuit, le vent se met à souffler fort au littoral, de secteur ouest, avec des moyennes de 50 à 60 km/h, tandis que les rafales atteignent 80 km/h.

Le 20 juin n’est guère mieux, avec un ciel quasiment couvert, un nimbostratus suivi de stratocumulus parfois doublés de cumulus, des pluies intermittentes ou de petites averses et un vent de sud-ouest toujours soutenu, le tout par 18°C à nouveau.

Mais dès le 21, tout change. Les courants perturbés remontent de plus en plus vers le nord tandis que l’anticyclone des Açores pousse de puissantes crêtes vers nos régions, dont se détachent régulièrement de petits anticyclones qui remontent vers le nord-est. En altitude, une crête tout aussi puissante se forme au-dessus de nos contrées, qui se détache par la suite pour former une circulation fermée (high over low). Plus tard, cet anticyclone d’altitude sera à nouveau repris dans une crête, qui formera un blocage « oméga » très stable. Aucune perturbation ne s’approchera désormais de notre pays, c’est le retour d’une sécheresse extrême (sécheresse qui sévit déjà depuis février 1976 et, dans une moindre mesure, depuis octobre 1975) et les températures montent très rapidement.

Le 23 juin est, pour de nombreuses régions, le premier jour caniculaire d’une longue série. Le ciel est serein, à part quelques altocumulus translucidus et quelques cirrus spissatus. Les températures se situent entre 29 et 30°C au centre du pays et le vent est faible et variable, avec une certaine prédominance de sud-est. En raison de l’humidité résiduelle, le temps est lourd, mais une inversion de subsidence, vers 1700 mètres, empêche tout cumulus de se former. Au littoral, la brise de mer n’apparaît que tardivement, et de façon très faible, ce qui permet aux températures de monter jusqu’à 28-29°C, et même jusqu’à 31°C dans les dunes. Sur les plateaux ardennais, il fait 25°C.

Le 24 juin, l’humidité résiduelle est encore tout juste suffisante pour former des cumulus qui, en l’absence d’une inversion digne de ce nom, finissent par atteindre le stade congestus. Quelques rares cirrus sont également observés. Avec un faible vent de sud-est, l’air devient très chaud, avec des températures qui atteignent déjà 33°C au centre du pays. Au littoral, cette fois-ci, la brise de mer est nettement plus forte, soufflant de nord-ouest à nord et maintenant la température aux alentours de 23°C. En contrepartie, le ciel est serein et il fait légèrement brumeux. Par moment, toutefois, la brise faiblit et de l’air chaud se mélange localement à l’air frais, avec une température qui monte jusqu’à 28°C à Ostende. Sur les hauts plateaux ardennais, il fait 27°C avec quelques nuages d’instabilité.

Le 25 juin, l’air se dessèche de plus en plus, on observe une brume sèche et odorante en matinée, tandis que l’après-midi, des cumulus humilis à mediocris se forment, arrêtés par une inversion vers 3000 mètres. Le vent, maintenant, souffle principalement de nord-est à nord, et cela reste encore vrai à 1000 mètres d’altitude. Cela n’atténue en rien la chaleur. En effet, l’air méridional nous revient après être remonté vers le nord sur le continent, tout en restant chaud sur des terres surchauffées. Au centre du pays, il fait 34°C et sur les hauts plateaux ardennais, 29°C. En Famenne, les écarts sont particulièrement grands entre le jour et la nuit, avec un minimum de 11°C et un maximum de 33°C à Sinsin. Au littoral par contre, les écarts sont réduits en raison d’une brise de mer soufflant dès le matin. À la plage, le thermomètre ne dépassera pas les 23°C par endroits.

Le 26 juin, une inversion située vers 2600 mètres limite encore davantage la formation de cumulus. Il n’y a plus que quelques cumulus humilis isolés. Le vent souffle de nord-est et il continue à faire chaud, à nouveau 34°C au centre du pays. Au littoral, le régime de brise de mer reste bien en place, avec 26°C sur les plages. Dans les polders, à peu de kilomètres de la côte, l’air chaud se mélange déjà à l’air plus frais de la mer, et la température atteint les 30°C, comme à l’aérodrome de Coxyde, situé à 4 km du littoral. Il est à noter que la nuit du 26 au 27, une couche d’air très chaud se trouve à 400 mètres d’altitude, avec 29°C !

Le 27 juin, on n’observe pratiquement plus de cumulus. Le vent continue à souffler de nord-est et la chaleur persiste. 34°C au centre du pays et, pour la première fois, les 35°C sont atteints en Gaume. Au littoral, le temps est serein mais très brumeux, avec une chaleur humide et suffocante en fin de matinée et à midi, en raison du mélange de l’air humide de la mer et de l’air chaud de l’intérieur des terres. Il fait de 29 à 31°C dans les dunes. L’après-midi, la brise de mer se développe davantage et il fait plus frais. À proximité immédiate de l’eau, il fait (relativement) frais tout au long de la journée, avec un maximum de 26°C et temporairement du brouillard.

Le 28 juin, le vent de nord-est souffle plus fort et il semble faire moins chaud. En réalité, il ne fait que 1°C en moins. L'air est un peu plus humide aussi, et des cumulus mediocris se développent, arrêtés par une inversion vers 3000 mètres. À la mer, il continue à faire brumeux, en dépit d’une brise de mer plus soutenue. Les températures oscillent entre 25°C dans les environs immédiats de l’eau et 28°C dans les dunes.

Le 29 juin, les restants d’un front froid sec traversent notre pays à la suite de la formation, dans les basses couches, d’une nouvelle cellule anticyclonique sur la Mer du Nord. Il s’agit là d’un anticyclone thermique, dont la fraîcheur ne parvient à atteindre notre pays que très partiellement. Presque partout, les températures restent égales ou supérieures à 30°C, même si une perte de 2 à 3°C est enregistrée. Cette perte est d’ailleurs responsable d’une inversion assez basse, vers 1000 mètres, qui empêche toute formation de cumulus. À la côte, le vent se renforce nettement, soufflant de nord à nord-est avec des vitesses de 35 à 40 km/h. La visibilité s’améliore et finit par devenir très bonne le soir. Mais les températures ne dépassent pas 23 à 24°C. En Gaume par contre, cet air plus frais n’arrive pas du tout, il fait à nouveau 35°C à Virton.

Le 30 juin, l’air se continentalise à nouveau, se réchauffe et se dessèche. Le ciel est parfaitement serein et le vent souffle de façon soutenue, par 33 à 34°C au centre du pays. La sécheresse commence à fort se faire sentir, notamment à Spa, où les taux d’humidité sont fort bas (inférieurs à 20% l’après-midi). Au littoral, la visibilité est particulièrement bonne, avec une brise de mer qui souffle à 40 km/h l’après-midi. La température ne dépasse pas 23°C par endroit.

Le 1er juillet, le ciel est serein partout, à l’exception de très rares cumulus. La température perd à nouveau un petit degré, mais reste largement supérieure à 30°C, sauf au littoral, où la brise de mer reste particulièrement développée, avec 40 km/h à Ostende. Là, la température ne dépasse pas 24°C, tandis qu’en fin de matinée et début d’après-midi, les températures oscillent entre 28 et 30°C dans les dunes.

Le 2 juillet, il fait à nouveau 34°C au centre du pays et le ciel est parfaitement serein partout. Le vent souffle de nord-est à est dans les basses couche, et d’est vers 1000 mètres d’altitude, avec de l’air continental très sec par endroit. À Spa, les taux d’humidité deviennent exceptionnellement bas en soirée (moins de 15%). À la côte, la brise de mer faiblit quelque peu, mais il continue à faire frais (24 à 25°C) aux abords immédiats de la mer. Dans les dunes, l’air chaud de l’intérieur se mélange à la brise de mer et les températures montent temporairement à 30, voire 31°C.

Le 3 juillet, la vague de chaleur atteint son sommet dans la plupart des régions. Ceci était déjà annoncé, en quelque sorte, par le sondage d’Uccle de la nuit précédente, avec une couche d’air à 29°C à 370 mètres d’altitude. À Uccle, le maximum monte en journée jusqu'à 35,4°C ; à Deurne, jusqu'à 35,7°C ; à Chièvres, jusqu'à 36,2°C ; à Lobbes (botte du Hainaut), jusqu'à 36,8°C ; et à Meeuwen (Campine), jusqu'à 37,6°C. Les 35°C sont atteints même très près du littoral, avec 35,2°C à Bruges, 35,0°C à Eeklo et 35,8°C à Beitem. Coxyde (à 4 km de la mer), qui reste épargnée par la brise de mer jusqu’en début d’après-midi, voit sont thermomètre monter jusqu’à 34°C. À Middelkerke, où l’air chaud se mélange encore à la brise de mer, le thermomètre dépasse aussi très temporairement les 30°C (maximum = 30,6°C). Aux abords immédiats de la mer, la température reste coincée à 26°C. Le ciel est à nouveau serein, ou presque, en toute région, avec de très rares cumulus, sauf en Ardenne où les développements cumuliformes sont plus marqués. Botrange et Mont-Rigi frisent les 30°C, avec respectivement 29,4 et 29,5°C. Cette hausse supplémentaire de la température est liée à une arrivée d’air encore plus chaud en altitude, avec 20°C à 1570 mètres (niveau 850 hPa). Le vent, quant à lui, a presque disparu à l’intérieur des terres, à l’exception des brises locales liées à l’orographie. Il est à noter que la nuit suivante, l’air restera à nouveau très chaud à quelques centaines de mètres d'altitude, avec 29°C à 650 mètres.

Le 4 juillet, on pourrait croire que le temps va changer. Il fait plus brumeux et des altocumulus castellanus se forment dans le ciel, ainsi que quelques cumulus. Mais rien ne se passe, la brume est une brume sèche et la température monte presque aussi haut que la veille, avec des valeurs de 34 à 36°C en Basse et Moyenne Belgique. À Lobbes, dans la botte du Hainaut, il fait même plus chaud encore, avec 37,2°C. Non loin de là, à Denée-Maredsous, un tout petit orage finit par se former. Quant à la côte, elle connaît à nouveau une brise de mer plus constante et la température ne dépasse plus 25°C.

Le 5 juillet, le ciel redevient serein, à l’exception de quelques très rares cumulus, cirrus et altocumulus castellanus. Le vent souffle d’est à nord-est et la température perd un petit degré, pour se situer autour de 33°C au centre du pays. En Gaume par contre, il fait à nouveau plus de 35°C (35,3°C à Virton). Au littoral, il recommence à faire brumeux, avec une brise de mer assez soutenue et des maxima de 25°C.

Le 6 juillet, le thermomètre perd encore un petit degré, pour se situer maintenant autour des 32°C au centre du pays. Au littoral, le ciel est parfaitement serein tandis que de rares cumulus se forment au centre du pays. En Ardenne par contre, le temps est beaucoup plus instable, avec formation de cumulus congestus à base très élevée et, localement, de cumulonimbus. Le tonnerre est entendu à Spa, tandis que des précipitations sont observées à Bastogne (3,2 mm). À la côte, il continue à faire brumeux avec une brise de mer soutenue et des températures de 25°C aux abords immédiats de l’eau, et de 27 à 28°C dans les dunes.

Le 7 juillet, l’on revoit dans le ciel des altocumulus de temps instable, de type floccus cette fois-ci. Quelques cirrus sont également observés, et de rares stratocumulus cumulogenitus. L’air reste cependant fort sec (humidité relative de 20% à Zaventem l’après-midi) et, en dépit de l’absence d’inversion, les développements cumuliformes restent quasi absents. En Ardenne, par contre, la convection est meilleure, les cumulus atteignent le stade congestus et on observe même une petite averse à Beauraing (0,8 mm). Les températures sont similaires à celles de la veille, autour de 32°C en Basse et Moyenne Belgique, tandis que le littoral connaît à nouveau un régime de brise de mer marqué, avec des températures maximales proches de 25°C.

Le 8 juillet annonce le changement. La crête en altitude s’affaiblit, permettant bientôt l’arrivée de perturbations. Mais au sol, on ne remarque encore rien. Que du contraire, le ciel redevient même parfaitement serein. Tout au plus voit-on un petit basculement du vent, soufflant de nord à nord-est le matin et de nord à nord-ouest l’après-midi. Ceci amène un tout petit rafraîchissement, bien que les températures atteignent encore 30 à 31°C dans la plupart des régions. À la mer aussi, la température perd un petit degré avec des maxima voisins de 24°C.

Le 9 juillet, une première faible perturbation parvient à atteindre notre pays et met fin à la vague de chaleur dans de nombreuses régions. Dès le matin, il fait nettement plus frais et brumeux, avec parfois même du brouillard. Ensuite le soleil, dans un ciel légèrement voilé par des cirrus, parvient encore temporairement à faire remonter la température jusqu’à 23 ou 24°C. Mais localement, les 25°C sont encore (largement) dépassés et là, ce jour appartient toujours à la vague de chaleur. Vers midi, le ciel se couvre avec de l’altostratus et des altocumulus, puis des stratocumulus en-dessous desquels se forment quelques cumulus. De faibles précipitations sont observées au centre du pays, qui sont parfois plus modérées en Ardenne, avec 4,5 mm à Bastogne et 3,9 mm à Rochefort. Au littoral, la brise de mer devient très faible, mais maintient la température aux alentours de 21 ou 22°C. En soirée, on y observe de belles éclaircies et, à quelques kilomètres à l’intérieur, il fait très doux (25°C). En même temps, les cumulus bourgeonnent et atteignent même le stade de cumulonimbus calvus, avec des stratocumulus et des altocumulus.

Le 10 juillet, notre pays se retrouve temporairement dans de l’air maritime, avec des températures souvent voisines de 23 ou 24°C. Une puissante inversion vers 2200 mètres empêche toutefois la formation d’averses. Le ciel reste juste très nuageux, avec cumulus et stratocumulus, tandis qu’au littoral, il refait très beau dès l’après-midi avec 20°C environ.

Dans les jours qui suivent, notre pays sera encore affecté à deux reprises par des remontées d'air très chaud qui durent 1 jours ou 2. Le 12, la température oscille à nouveau entre 29 et 31°C en Basse et Moyenne Belgique, avec un temps très lourd, une inversion qui formera un couvercle pendant une partie de la journée, avant qu’elle ne soit résorbée en après-midi, avec des cumulus évoluant en cumulonimbus le soir avec localement de violents orages. À Uccle, on relèvera 34 mm d’eau et à Denée-Maredsous, 39 mm.

Le 15 juillet est une nouvelle journée caniculaire dans bien des régions tandis que le 16, de l’air plus chaud encore affectera une partie du pays, avec 35,6°C à Virton, 36,7°C à Kleine Brogel et 37,7°C à Meeuwen. La température dépassera même les 30°C en Hautes Fagnes (30,8°C à Botrange et 30,7°C à Mont-Rigi). Dans le sud du pays, le temps est ensoleillé avec quelques cirrus et une température qui atteint déjà 30°C à 10h. Ensuite des cumulus se forment et atteignent le stade de cumulonimbus en soirée, avec des orages. Ailleurs, comme cela arrive si souvent dans les situations de « spanish plume », la dépression thermique arrive trop tôt, avec des orages dès le matin au littoral, et dès midi au centre du pays, où le ciel est chaotique, avec des altocumulus épais, souvent castellanus, des cumulus congestus, des cumulonimbus mais aussi des stratocumulus. Il y fait une chaleur d’étuve, avec des températures de 31 à 32°C, mais parfois bien plus en cas d’éclaircies au bon moment.

Épilogue

Les jours suivants, l’été prendra une pause, avec encore une belle journée, très agréable, le 19 (avec 25 à 27°C en Basse et Moyenne Belgique) avant une détérioration du temps plus marquée. Au mois d’août, la chaleur reviendra pour une longue période, même si elle sera moins forte qu’en juin et juillet. Les précipitations tombées en juillet ne seront qu’un lointain souvenir, la sécheresse reprendra tous ses droits.

On peut conclure de tout ceci que la période du 23 juin et 8 juillet restera sans doute pour longtemps encore la pire des canicules de l’histoire, avec 16 jours de chaleur consécutifs en de nombreux endroits (dont Uccle). En matière de vague de chaleur officielle (au moins 5 jours avec 25°C ou plus, dont 3 jours avec 30°C ou plus), 1976 tient le haut du pavé aussi, avec des durées de 17 à 18 jours dans la plupart des régions. Par endroit, les interruptions des 10 et 11 juillet et des 13 et 14 juillet ont malgré tout donné des températures supérieures ou égales à 25°C. Ce fut le cas notamment à Zelzate (au nord de Gand), où la vague de chaleur a duré 25 jours en tout (du 22 juin au 16 juillet). Il s’agit de l’une des plus longues vagues de chaleur jamais observées en Belgique. Seuls Lanaken et Kleine Brogel, au Limbourg, feront mieux en 2006, avec respectivement 32 et 33 jours. En 2006 toutefois, les journées consécutives avec 30°C ou plus seront bien moins nombreuses.

En 1911 également, des parties du Limbourg ont connu une vague de chaleur d’une durée de 27 jours.

La côte, en 1976, n’a absolument pas connu de vague de chaleur. Au bout de l’estacade du port d’Ostende, la température n’a même jamais dépassé les 30°C au cours de cette période. À Middelkerke, à quelques centaines de mètres à l’intérieur des terres, les 30°C n’ont été dépassés qu’une seule fois, le 3. À Coxyde par contre, située à 4 km à l’intérieur des terres, les critères pour une vague de chaleur ont été atteints, et celle-ci a même duré 15 jours. Le nombre de jours avec 30°C ou plus n’y a cependant été que de 5.

En Ardenne, seuls les plus hauts plateaux échappent à une vague de chaleur officielle. Saint-Hubert, à 557 mètres d’altitude, connaîtra une vague de chaleur de 16 jours, dont 6 jours avec 30°C  ou plus (4 consécutifs - maximum : 30,8°C). Là, en 2003, la vague de chaleur, bien que plus courte, sera bien plus marquée avec 9 jours consécutifs avec 30°C ou plus, et un maximum de 34,4°C ! Dans tout le sud du pays d’ailleurs, les températures seront plus extrêmes en 2003, en pointe tout au moins, avec 37,2°C à Virton, 37,4°C à Dohan et 38,6°C à Aubange.

Commentons encore, avant de conclure, la sécheresse qui a également sévi en 1976. Celle-ci peut aussi être considérée comme très exceptionnelle. On peut même dire catastrophique, puisqu’elle englobe principalement les mois du printemps et de l’été (les mois les plus secs à Uccle : avril avec 10,1 mm ; juin avec 12,1 mm et août avec 15,1 mm) et que la plus grande partie de cette période a été particulièrement ensoleillée et chaude. Les pluies d’orage de juillet n’apporteront par ailleurs que peu de soulagement. Si l’on calcule l’index Keetch-Byram (KBDI) qui quantifie le déficit en eau des couches supérieures du sol et qui, outre les précipitations, prend également en compte des paramètres tels que l’évaporation et les températures maximales, l’on peut se rendre compte à quel point la sécheresse de 1976 a été néfaste pour la végétation.


En 1995-1996, notre pays a également connu une importante période de sécheresse, mais elle est passée quasiment inaperçue car elle s’est produite principalement pendant la « mauvaise saison ». Entre août 1995 et juillet 1996 (période de 12 mois), on a même noté un déficit record, avec seulement 476,1 mm d’eau. Les mois très secs ont été notamment octobre 1995 (6,0 mm), janvier 1996 (15,0 mm) et avril 1996 (6,0 mm). Cette période a toutefois été assez froide dans son ensemble. En outre, l’été 1996, après un début prometteur (32,9°C à Uccle le 7 juin), a été assez décevant, avec un mois de juillet « normal » (c.-à-d. bien belge) et un mois d’août particulièrement pluvieux.

On se souviendra aussi de l’extrême sécheresse du mois d’avril 2007, avec 0,0 mm de précipitations sur tout le mois. Cette absence totale de précipitations, par ailleurs, durera même 36 jours. En plus, ce mois d’avril sera très exceptionnellement chaud et ensoleillé, mais la situation ne perdurera pas au-delà du 6 mai. La fin du printemps et l’été seront assez peu ensoleillés, avec des précipitations parfois même assez abondantes.


Le printemps 2011 est également marqué par une sécheresse qui n’est pas sans rappeler celle de 1976. En effet, les précipitations sont très déficitaires en dépit de quelques « interruptions » orageuses de la sécheresse. En outre, les températures sont fort élevées pour la saison. Le côté le plus spectaculaire de cette sécheresse aura été sans conteste le feu qui s’est déclaré dans les Hautes Fagnes le 25 avril dernier et qui a ravagé près de 1000 hectares de végétation (un quart de la réserve naturelle !) Mais rien ne dit que l’évolution, dans les mois à venir, sera la même que celle de 1976. En 1921, la sécheresse printanière a mené à un été chaud et catastrophiquement sec. En 1996 et 2007 par contre, comme nous venons de voir, la situation s’est normalisée, voire inversée en été. Quant à l'énorme sécheresse qui a sévi durant le printemps 1893 (37,6 mm pour les 3 mois), elle a été suivie, en été, par un temps certes relativement chaud et sec, mais sans plus

Les comparaisons ci-dessus complètent cet aperçu de la vague de chaleur et de sécheresse de 1976. Ajoutons encore que la vague de chaleur de 2010, d'une durée de 8 jours à Uccle (dont 4 avec 30°C ou plus), reste bien à l’ombre des grandes vagues de chaleur. Et même Kleine Brogel, avec ses deux vagues de chaleur (respectivement 12 et 11 jours), n’a rien connu de vraiment exceptionnel. 

Sources

IRM
Bulletins mensuels climatologiques – juin et juillet 1976
Bulletins mensuels synoptiques – juin et juillet 1976
Annuaire climatologique – 1976
Sondages d’Uccle à 00h et à 12h T.U.
Cartes synoptiques quotidiennes
Bilans climatologiques mensuels et saisonniers
Événements marquants depuis 1901
Statistiques (normales et extrêmes mensuels) – Bruxelles (Uccle, Belgique)
Le mois sec d'avril 2007


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Journal Le Soir

Journal Le Monde
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